Midi-Pyrénées: Des cliniques privées au bord de la crise de nerf

SANTE Les 60 établissements privés de santé de la région dénoncent les nouvelles baisses tarifaires envisagées par le gouvernement…

Béatrice Colin
— 
Une operation chirurgicale en bloc operatoire dans une clinique de Bordeaux.
Une operation chirurgicale en bloc operatoire dans une clinique de Bordeaux. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Elles accueillent 800.000 personnes par an, soit 50 % des patients de Midi-Pyrénées et réalisent, par exemple, 67 % des interventions de chirurgie cardiaque.

Ce lundi, les soixante cliniques de la région ont décidé pour la première fois de parler à l’unisson pour dénoncer la baisse des tarifs envisagés par l’Etat dans le cadre de sa loi de financement de la sécurité sociale.

Déficit d’un tiers des cliniques

« Les cliniques sont pressurisées, les trésoreries sont de plus en plus tendues. Nous avons enregistré des baisses des tarifs sur ces trois dernières années dont une, conséquente, de 2,5 % en 2015, alors que nos charges ont augmenté de 10 %. Cela s’apparente à des baisses de chiffre d’affaires d’un million d’euros pour certains établissements », dénonce le Docteur Frédéric Sanguignol, le président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) de Midi-Pyrénées.

Il critique notamment la différence des tarifs fixés par l’Etat entre le public et le privé de plus ou moins 30 % selon le type d’acte. De fait, si la motiié des patients vont dans le privé, il ne représente que 25 % des financements hospitaliers.

La baisse de ces tarifs se traduit par des déficits dans près d’un tiers des établissements. « Lorsque cela arrive, nous devons trouver des moyens de faire face, notamment auprès des banques. Dans le public, les déficits sont épongés par des subventions », relève Benjamin Guiraud-Chaumeil, le vice-président de la FHP Midi-Pyrénées.

Hausse des charges

La clinique Pasteur de Toulouse réfléchit déjà à la suppression d’une quinzaine de postes pour faire face à ces pertes de recettes. « Nous avons lancé des travaux d’extension il y a cinq ans et aujourd’hui je suis piégé car entre-temps les tarifs ont baissé. Nous avons perdu trois millions par an ces dernières années, l’an prochain nous devrions nous retrouver tout juste à l’équilibre et en déficit de 2, millions en 2017 », calcule Dominique Pon, le directeur de l’établissement.

Ce dernier a l’impression d’être « la variable d’ajustement ». « Aucun des médecins actionnaire ne touche de dividende, on a déjà optimisé les charges et négocié avec nos fournisseurs. Même avec ça, on ne s’en sort pas », poursuit-il.