Ariège: Deux base-jumpers condamnés pour avoir dérangé un rapace protégé

JUSTICE Le tribunal de Foix a condamné à de lourdes amendes deux adeptes du wingsuit qui ont «volé» dans une zone de reproduction du gypaète barbu...  

Helene Menal

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Saut en wingsuit, ici des hauteurs de Chamonix. Illustration.
Saut en wingsuit, ici des hauteurs de Chamonix. Illustration. — P. Desmaze - AFP

A se prendre pour un oiseau, il faut quand même faire attention aux vrais volatiles qui vadrouillent dans le secteur. Deux adeptes du wingsuit - le vol en combinaison souple en forme d’ailes qui se termine par l’ouverture d’un parachute - l’ont appris à leurs dépens.

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Le 8 décembre 2013, ces passionnés décident de sauter d’un promontoire rocheux du Quié de Sinsat, en Ariège. Or, la zone est connue pour abriter des rapaces protégés comme l’aigle royal, le faucon pèlerin ou encore le gypaète barbu. Ce dernier est particulièrement sensible aux perturbations de son environnement, surtout en période de reproduction. Le Quiés de Sinsat est réglementé par un arrêté préfectoral de « protection de biotope ».

1.200 euros d’amende chacun

Heureusement pour les oiseaux, un agent de l’Office national des forêts (ONF) se promenait aussi dans le secteur. Il a observé la préparation du vol, constaté qu’ils s’élançaient à l’aplomb d’un nid de Gypaète dont l’occupant volait à moins de cinquante mètres, visiblement stressés.

L’agent a pris des photos et l’épilogue de l’affaire a eu lieu devant le tribunal de grande instance de Foix. Selon la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui s’est portée partie civile avec Nature Midi-Pyrénées, les deux adeptes de wingsuit ont été condamnés pour « violation de l’arrêté préfectoral et perturbation intentionnelle d’une espèce protégée ».

Ils devront débourser en tout 1.200 euros d’amende chacun.

Un cinéaste amateur déjà condamné

« Les pratiques nouvelles des sports de nature qui tendent à se développer dans les Pyrénées portent en elles un idéal de liberté pour certains, réagit la LPO. Cependant, elles ne peuvent se pratiquer n’importe où et n’importe quand. Elles ne sont pas hors du droit. »

En mars 2008, un cinéaste amateur avait déjà été condamné en Haute-Garonne pour avoir dérangé un gypaète barbu.