Sivens: Un an après, où en est l'enquête sur la mort de Rémi Fraisse?

SOCIETE L’enquête judiciaire sur la mort du jeune homme n’est toujours pas close…

H.M. avec AFP

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Hommage sur le site de Sivens, le jour des obsèques du jeune militant.
Hommage sur le site de Sivens, le jour des obsèques du jeune militant. — Sevgi - Sipa

Il était deux heures du matin dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 quand les gendarmes ont constaté le décès de Rémi Fraisse, 21 ans. Le jeune militant avait été « récupéré » peu avant, inanimé, sur le théâtre de violents heurts entre les forces de l’ordre et les opposants au barrage de Sivens.

Pas de mise en examen

La mort du jeune homme serait due à un tir de grenade offensive. Le gendarme qui a lancé l’engin a été exonéré en décembre 2014 dans l’enquête administrative menée par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Dans son rapport, cette dernière a estimé que le lanceur « a démontré sa volonté d’éviter de blesser un manifestant ».

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Parallèlement, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Toulouse. Le gendarme a été placé en garde à vue le 14 janvier 2015. Il est ressorti libre, sans poursuites. Mais il doit être à nouveau auditionné « dans les mois qui viennent » par les juges d’instruction en charge du dossier.

L’usage des grenades offensives par les forces de l’ordre a été banni.

La famille redoute un non-lieu

Selon France 3 Midi-Pyrénées, la famille de Rémi Fraisse regrette que l’enquête soit menée par les gendarmes alors que l’un des leurs est mis en cause. Elle redoute par-dessus tout qu’elle aboutisse à un non-lieu. Les parents de Rémi Fraisse, dont la parole est rare, n’ont toujours pas pu procéder à la crémation de leur fils.

Toujours pas de barrage

Le projet de barrage initial ne verra jamais le jour. Les travaux ont été suspendus au lendemain de la mort du jeune homme. Et Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, l’a définitivement enterré en janvier 2015, proposant deux versions « light » de l’ouvrage. Le Conseil départemental du Tarn a voté le 6 mars pour une retenue située un peu en amont et réduite de moitié. Un projet lui aussi contesté et dont le premier coup de pioche n’a pas été donné.