Toulouse: Allô Bernard ressuscite le concierge à l'échelle d'un quartier

ECONOMIE Expérimenté depuis trois mois à Arnaud-Bernard, ce projet permet de maintenir le lien social dans le quartier, notamment avec les personnes âgées…

Béatrice Colin

— 

Henriette, une des bénéficiaires de la conciergerie Allo Bernard, avec Guillaume Broca de al scop Palanca.
Henriette, une des bénéficiaires de la conciergerie Allo Bernard, avec Guillaume Broca de al scop Palanca. — B. Colin / 20 Minutes

« Ils viennent voir si je ne suis pas morte », plaisante derrière la porte qui s’ouvre Henriette, 92 ans, bon pied bon œil. Depuis plusieurs semaines, elle reçoit tous les jours la visite de Jean-Lou, Guillaume ou encore Marion. Ils tapent la causette, parlent de l’actualité, de temps en temps l’un d’entre eux met la main à la pâte pour réparer un placard ou monter un fauteuil.

« Ils me rendent des services, me donnent des conseils, ça sécurise de savoir qu’ils sont là », explique cette Toulousaine pur jus, habitante d’Arnaud-Bernard. Elle est l’une des dix personnes âgées à s’être inscrites à la nouvelle conciergerie solidaire de quartier : « Allô Bernard ».

Ce projet, porté par des trentenaires et expérimenté depuis trois mois, est né après le vide laissé par la disparition de l’association « Vivre à domicile », qui s’occupait des seniors de ce côté de la Ville rose. « Un jour, une habitante est venue demander de l’aide au comité de quartier », se souvient Jérémie Loevenbruck, cofondateur de la Scop Palanca qui planche sur les questions de Responsabilité sociétale des entreprises.

Avec le soutien du bailleur social Patrimoine, il décide avec ses acolytes de mettre en place un projet qui pourrait répondre aux besoins quotidiens des habitants en « mettant le concierge d’immeuble d’antan à l’échelle du quartier », affirme Jérémie. Ils peuvent s’occuper de déménager un étudiant ou encore s’occuper des livraisons d’un commerçant.

Personnes âgées, étudiants, commerçants

Ils sont pour l’instant très sollicités par les personnes âgées pour qui c’est un moyen de maintenir un lien social. « On va éteindre le gaz si besoin, intervenir la nuit si nécessaire. On leur propose des cours de gym ou des projections de film. Parfois on va les visiter à l’hôpital », énumère Guillaume Broca d’« Allô Bernard » qui pourrait faire des petits dans d’autres quartiers de Toulouse.

Tous ces menus services sont facturés, soit sous forme de forfait, soit à l’heure. Payer 195 euros par mois, ça ne gêne nullement Henriette. « Les aides ménagères ne travaillent pas pour rien, elles non plus. Ça me permet de rester chez moi et puis aller dans une maison de retraite c’est 3.000 euros, alors que je voudrais rester ici jusqu’à la fin de ma vie », tranche sans détour la nonagénaire.