Toulouse: Une PME prépare son deuxième « voyage » vers Mars

ECONOMIE Les scientifiques toulousains préparent la deuxième mission martienne qui partira en 2020 et propulsera à nouveau une petite PME du cru dans les bagages du rover...

Helene Menal

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Le ChemCam fusionne les roches avec son rayon laser puis les analyse.
Le ChemCam fusionne les roches avec son rayon laser puis les analyse. — Cnes

Les découvertes martiennes s’enchaînent et bâtissent la légende de Curiosity, le fameux rover qui explore la Planète rouge. Avec cette caméra laser, le ChemCam, mis en partie au point dans la Ville rose, qui donne au robot son air de cyclope.

Et pendant que ChemCam - qui en est à 285.000 tirs laser - fragmente et analyse le sol martien, la suite de l’aventure se prépare dans les labos toulousains mais aussi chez Comat, une petite PME, basée à Flourens, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse.

Le ChemCam de Curiosity lors de son usinage chez Comat. - Comat - OMP

Ils fabriquent un « mouton à cinq pattes »

L’entreprise de 85 salariés vient en effet de remporter l’appel d’offres pour la maîtrise d’œuvre de l’instrument SuperCam, la version améliorée du ChemCam, qui partira pour Mars en 2020 « greffée » à un nouveau rover. Comme pour ChemCam, Comat sera chargé des pièces mécaniques de l’instrument.

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« Ils sont sortis du lot parce qu’on a beau aller sur Mars, on a besoin de proximité dans ce genre de projet », explique Sylvestre Maurice, planétologue à l’Irap et « père » français du ChemCam. Il supervise actuellement la construction de SuperCam. « Au-delà du savoir-faire déjà démontré de Comat, ils ont la flexibilité que n’aurait pas eue une grande structure, poursuit le scientifique. Car nous inventons un mouton à cinq pattes et qu’il peut nous arriver de changer d’idée et même de pièce en cours de route ».

Comat finalise l’ossature du premier Supercam. « La fabrication des 300 éléments mécaniques de chaque instrument se séquencera jusqu’à septembre 2016 avec la livraison du modèle de vol », précise Marius Ferry, responsable du projet chez Comat. Les équipes de Sylvestre Maurice doivent livrer l’instrument fin 2018 à la Nasa.

Des échantillons ramenés sur Terre

Si tout se passe bien, SuperCam commencera son exploration de la Planète rouge au printemps 2021. Et quand ChemCam se contente de fragmenter et d’analyser des roches, son successeur sera en quête lui de « biosignatures » : des preuves qu’il y a eu une vie sur Mars.

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Il aura aussi la mission hautement stratégique de sélectionner les échantillons que le rover remisera dans un « tiroir » en attendant qu’une mission ultérieure vienne les récupérer.