Toulouse: Victimes des manifs anti-Sivens, les commerçants ne seront pas indemnisés par l'Etat

POLEMIQUE Dans un courrier au maire de Toulouse, le ministre de l’Intérieur indique que cela ne relève pas de la responsabilité de l’Etat…  

Beatrice Colin

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Lors de la manifestation du 21 février 2015 contre le barrage de Sivens, dans le centre de Toulouse.
Lors de la manifestation du 21 février 2015 contre le barrage de Sivens, dans le centre de Toulouse. — Fred. Scehiber / SIPA

« Comme la loi le prévoit, les dégradations commises seront prises en charge par l’État », indiquait le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve au lendemain des violences et des casses de vitrines commis par des manifestants anti-Sivens le 21 février dernier.

Manifestation anti-Sivens à Toulouse : L’Etat assumera la prise en charge des dégâts

Cette promesse résonne encore aux oreilles des commerçants du centre-ville de Toulouse qui, pour 23 d’entre eux, ont subi près de 200.000 euros de dégradations.

Des réunions en préfecture avaient même été organisées sur le sujet juste après les dégradations en présence du directeur départemental de la police et du président de la Chambre de commerce.

Courrier au maire

Mais voilà, ils ont appris récemment qu’il n’en serait rien. Dans un courrier envoyé au maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR), Bernard Cazeneuve explique que l’Etat ne financera pas la casse.

Après une expertise, « il ressort que les fondements juridiques engageant la responsabilité de l’État ne sont pas constitués. Les exactions commises sont en effet l’œuvre de groupes de "casseurs" qui se sont volontairement attaqués aux commerces, et sont à ce titre dissociables de la manifestation. Il s’agit de véritables actions "commando", préméditées, sans lien avec l’action revendicative qui, en droit, n’engagent pas la responsabilité de l’État », justifie dans un communiqué la préfecture de Haute-Garonne.

Aux assurances de prendre en charge ces actes de vandalisme, indiquent les services de l’Etat. Une réponse qui a mis en colère les représentants des commerçants du centre-ville, qui réfléchissent à attaquer l’Etat.