Et si le Toulousain Sigfox devenait un géant mondial de l'Internet ?

ECONOMIE La start-up toulousaine est la seule société au monde à posséder une infrastructure réseau pour l’Internet des objets. Elle se lance à la conquête de l’Amérique…

Helene Menal

— 

Ludovic Le Moan, le patron, se rêve en "géant mondial de l'Internet"
Ludovic Le Moan, le patron, se rêve en "géant mondial de l'Internet" — SIPA

Une borne incendie qui signale qu’elle est vide, votre détecteur de fumée qui vous prévient par SMS, ou l’antivol d’un vélo qui donne l’alerte en cas de tentative d’ouverture intempestive. Ces objets connectés sont déjà commercialisés et fonctionnent grâce au réseau Sigfox.

Voilà à quoi pourrait ressembler votre quotidien en 2025

La start-up de Toulouse déploie depuis 2012, sous la forme de petites antennes, un réseau bas débit, très peu gourmand en énergie. Elle loue ensuite son infrastructure aux industriels qui fabriquent les objets connectés.

Direction les USA

Aucun autre réseau au monde ne leur est dédié pour l’instant, mais d’autres opérateurs sont tentés. D’où l’obligation pour Sigfox, qui a levé 127 millions de fonds en tout et devrait afficher un chiffre d’affaires 2015 proche des 12 millions d’euros, de garder sa longueur d’avance.

 

Et « maintenant que l’Europe de l’ouest est sous contrôle », qu’elle est donc hérissée de ces fameuses petites antennes, l’entreprise annonce qu’elle part à la conquête de l’Eldorado des objets connectés en accélérant son expansion aux Etats-Unis. Sigfox y a recruté une pointure des télécoms, Allen Proithis, basé à Boston. Sa mission : Après New-York et San-Francisco, « couvrir les 10 plus grandes métropoles américaines d’ici le 1er trimestre 2016 ».

« On ne voit pas ce qui peut nous empêcher de devenir un grand leader mondial »

C’est un tournant pour la start-up qui revendique pour l’instant un million d’objets connectés sur son réseau et 7 millions en cours de fabrication chez ses clients industriels. Et Ludovic Le Moan, le patron de Sigfox, voit grand, très grand même. « On ne voit pas ce qui peut nous empêcher de devenir un grand leader mondial, lance-t-il. Et nous voulons montrer que c’est possible depuis la province».

Le lave -linge qui commande la lessive

Son optimisme est dopé par la conviction que « demain, il n’y aura aucun objet de notre quotidien qui ne sera pas connecté », de la chaise à la machine à laver.

Il croit notamment aux « smart buttons ». Un bouton connecté sur son lave-linge par exemple qu’on enfonce quand son paquet de lessive est vide et qui déclenche à distance une livraison à domicile le lendemain. Bref, pour lui aucun doute, «l’ubérisation de la société» est en marche.