Luzenac: Un an après, «les gens sont encore sensibles à l'histoire du LAP»

FOOTBALL Sébastien Mignotte, l’entraîneur du plus célèbre club ariégeois, évoque le présent et l’avenir du LAP, promu en Division d’Honneur…

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Sébastien Mignotte (au centre) entraîne l'équipe de Luzenac en DH.
Sébastien Mignotte (au centre) entraîne l'équipe de Luzenac en DH. — F. Lancelot / Sipa

Voici un an, le Luzenac Ariège Pyrénées, promu sportivement en Ligue 2, était renvoyé en Division d’Honneur régionale (DHR, septième division) à la suite d’un incroyable feuilleton judiciaire.

Aujourd’hui, le club est remonté en Division d’Honneur et s’apprête à disputer son premier match à domicile de la saison, samedi contre les Toulousains du Rodéo. Sur le terrain, il ne reste plus que deux rescapés de la grande aventure du LAP : les défenseurs Franck Akaza et Assane Karaboualy, entraînés par leur ancien coéquipier Sébastien Mignotte.

Une montée immédiate, un large succès lors de la première journée de DH (1-4 à Lourdes)… Luzenac s’est bien relevé.

Remonter était important pour redonner un élan positif au club, car beaucoup d’efforts ont été consentis par peu de personnes. Maintenant, nous sommes promus. Nous avons gagné ce premier match, tant mieux. Mais il en reste 25 autres. Le championnat est très relevé, avec le Rodéo qui descend du CFA 2 et quelques clubs historiques de DH.

Comment voyez-vous cette saison ?

Nous avons fait un recrutement de qualité avec des joueurs de CFA2 (cinquième division) dans les lignes défensives. Nous avons amené de la vitesse et de la jeunesse en attaque. Nous sommes montés avec des anciens, et il faut que les jeunes prennent le relais. L’effectif est composé de 23 joueurs et la moyenne d’âge est de 22 ans. Il y a beaucoup d’envie, mais il est trop tôt pour dire si on peut jouer les cinq premières places ou entre la cinquième et la dixième.

Ressentez-vous encore un « effet Luzenac » chez les adversaires et les observateurs ?

On est attendus. Pas mal de monde nous place parmi les favoris. Je ne sais pas pourquoi, vu que nous sommes promus et que nous allons découvrir la DH. Il n’y a pas d’amalgame à faire entre un club qui était aux portes de la Ligue 2 et un club retombé en DHR !

Comment le LAP se porte-t-il sur le plan financier ?

On a réussi à boucler un budget la saison dernière, et ce n’était pas rien ! Vu les circonstances, on a un peu travaillé dans la précipitation, avec notamment un appel aux dons. Cette saison, c’est complètement différent. Le budget pour l’ensemble du club est de 150.000 euros. Nous avons trouvé des sponsors en région toulousaine et en Ariège.

C’est très intéressant pour eux, car Luzenac attire toujours les médias. La semaine prochaine, L’Equipe 21 vient faire un reportage, par exemple. Les gens sont encore sensibles à l’histoire du LAP. Nous sommes en train de mettre en place un réseau de partenaires. Nous essayons de créer une petite famille autour du club.

Gardez-vous un œil sur vos ex-coéquipiers, en L1, L2 ou National ?

Oui. Je suis content pour eux, car ils ont pu continuer leur métier après des moments difficiles. Cela prouve que nous avions vraiment un groupe de qualité, en plus d’être des potes. On aurait peut-être pu bien figurer en L2. Mais on ne le saura jamais… Maintenant, nous travaillons avec nos moyens, notre histoire, nos problématiques géographiques et structurelles pour reconstruire quelque chose de cohérent. Ce club le mérite.