A Toulouse, Mélenchon appelle à «élargir» le Front de gauche et rejette la «macronite»

POLITIQUE Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé dimanche, en clôture de l’université d’été du Parti de gauche, dont il est le co-fondateur...

N.S. avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon lors du discours de clôture de l'université d'été du Parti de gauche, le 30 août 2015 à Toulouse.
Jean-Luc Mélenchon lors du discours de clôture de l'université d'été du Parti de gauche, le 30 août 2015 à Toulouse. — R. Gabalda / AFP

Un appel du pied aux frondeurs du Parti socialiste et aux écologistes, à trois mois des élections régionales. « Il faut se rassembler », a lancé ce dimanche Jean-Luc Mélenchon en clôture de l'université d'été du Parti de gauche dont il est le co-fondateur, à Toulouse.

«Le Front de gauche doit être la base sur laquelle doit se construire la suite», a-t-il déclaré devant un amphithéâtre rempli de l’université Jean-Jaurès, lors d’un discours marquant la fin de trois journées de débats. « Il doit impérativement s'élargir, se donner une nouvelle vocation », a-t-il ajouté.

Crise à EELV : Jean-Christophe Cambadélis dénonce la «mélenchonisation rampante des écologistes»

Face au terme de « mélenchonisation » utilisé par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Luc Mélenchon a choisi l’ironie : « Tout organisme de gauche ou qui se veut tel, atteint de "macronite", est promis à la "mélenchonisation", qui est la réaction de l'organisme sain pour conserver son identité. »

L'ancien sénateur n’a pas seulement fait référence au ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Il a aussi réagi à la crise à EELV, du fait de laquelle « cette union va pouvoir se faire, selon lui. Parce que quel sens ça pourrait bien avoir, des listes autonomes toutes seules, de EELV, sous leur seule étiquette, ça ne peut pas peser dans la réalité».

La question des alliances aux régionales nourrit la crise au sein d'EELV, après le départ coup sur coup de deux poids-lourds, François de Rugy et Jean-Vincent Placé, qui dénoncent « la dérive gauchiste » d'un parti devenu un « astre mort ».

« Je ne me moque pas d'eux », a dit Jean-Luc Mélenchon. « Ils sont loyaux, ils ont une idée, elle n'est pas compatible, ils s'en vont. J'aimerais bien que ce soit la même chose au PS et que la droite s'en aille du PS ».

Il a aussi longuement parlé de l'Europe, égratignant au passage François Hollande, Marine Le Pen et Bruno Le Roux (PS). La France « peut être celle qui va ouvrir un autre chemin » à travers un « sommet du plan B », a-t-il clamé. Il a annoncé la venue de l'Allemand Oskar Lafontaine (Die Linke) et de l'ancien ministre grec des finances Yanis Varoufakis à la Fête de l'Humanité en septembre.

Le candidat aux élections présidentielles de 2012 a cependant balayé l'idée de «Front de libération nationale» réunissant la gauche et la droite, formulée par l'économiste Jacques Sapir. « Honte à ceux qui essayent de nous embrigader dans un camp qui n'est pas le nôtre », a-t-il répliqué.

Manuel Valls: Les migrants «qui fuient la guerre, les persécutions» doivent «être accueillis»

A la veille de la rentrée, Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs accusé le gouvernement de « mensonge » et « d'enfumage » sur le nombre de postes dans l'Education nationale. « François Hollande avait promis 60.000 créations de postes » mais « il n'y en a que 4.000 à peine, tout le reste ce sont des stagiaires qui ont été recrutés, et ils ne passent qu'un tiers de leurs temps devant les élèves », a-t-il dit en marge de son discours.

Dans son discours concluant l'université d'été du PS, Manuel Valls a affirmé que 35.200 postes avaient déjà été pourvus et que d'autres allaient l'être.