Toulouse: La justice reconnaît le handicap d'une électrosensible obligée de vivre recluse

SANTE Electrosensible, Marine Richard s’est isolée dans les montagnes ariégeoises. Pour la première fois en France, un tribunal vient de lui octroyer une allocation pour son handicap...

Helene Menal

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Quelque 100 000 antennes-relais ontété installées en France pour la téléphonie mobile.
Quelque 100 000 antennes-relais ontété installées en France pour la téléphonie mobile. — MEIGNEUX / SIPA

Marine Richard, 40 ans, a eu deux vies. Avant 2010, elle était journaliste et auteure de théâtre. Puis sa vie a viré au cauchemar quand les symptômes de son hypersensibilité aux ondes électromagnétiques sont apparus.

Plus question de courir les salles de spectacle, elle vie désormais recluse dans les montagnes ariégeoises, loin de la 4G et des antennes relais qui de picotements en insomnies l’empêchent de vivre normalement. Elle n’a pas abandonné la plume. Elle a même écrit un thriller inspiré de ses déboires, Sans Mobile, et exerce désormais sur la scène juridique.

De quoi acheter du bois de chauffage

Sa première victoire est ce jugement récent, et inédit en France, du « Tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse ». Après expertise médicale, les juges reconnaissent de façon « irréfutable » son « syndrome d’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques ». Surtout, dans l’attente d’un traitement efficace, ils lui octroient « une prestation de compensation » pour son handicap pour une durée de trois ans renouvelables.

Un homme électrosensible reçoit une subvention

Pour expliquer sa décision, le tribunal détaille que cette allocation doit permettre de compenser les sacrifices consentis par Marine Richard pour échapper aux ondes : l’achat de bois de chauffage dans sa montagne, l’aménagement de son logement ou le paiement des voisins qui l’approvisionnent.

Justice avant-gardiste

C’est l’association Robin des Toits, spécialisée dans la sécurité sanitaire des technologies sans fil, qui a rendu public le jugement toulousain ce mardi. « Il s’agit d’un grand pas en avant pour la reconnaissance de ce syndrome d’Electro-hypersensibilité », réagit Etienne Cendrier, son porte-parole national. « La justice - comme souvent - est en avance sur les politiques », ajoute-t-il.