Toulouse: Selon Bercy, les Chinois ont bien payé leurs parts de l'aéroport

ECONOMIE Sous la pression des opposants à la privatisation et de la députée socialiste Valérie Rabault, Bercy confirme que la vente est effective...

H.M. avec AFP

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Zone d'embarquement et d'enregistrement des passagers à l'aéroport de Toulouse Blagnac. 26/012012 Toulouse
Zone d'embarquement et d'enregistrement des passagers à l'aéroport de Toulouse Blagnac. 26/012012 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Oui la vente de 49,99 % des parts de l’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) est bien officialisée et, oui, l’argent est bien arrivé dans les caisses de Bercy.

Après plusieurs jours de doutes et de silence, le ministère de l’Economie l’a confirmé ce lundi. « La transaction a eu lieu. On a reçu l’argent. Les fonds ont bien été versés », a déclaré une de ses porte-parole.

Mais où est donc passé Mike Poon ?

Cette mise au point fait suite aux affirmations du collectif d’opposants à la privatisation qui, citant un article paru samedi sur le site Mediapart, affirmait que la cession de 49,99 % des actions n’était toujours « pas signée » et que, en conséquence, elle pouvait être annulée à la suite de la disparition de Mike Poon, le PDG chinois d’une société clef du nouvel actionnariat. Ce dernier serait accusé de corruption dans son pays, selon la presse hongkongaise.

 

Une députée s’en mêle

Les autorités françaises ont à plusieurs reprises assuré que cette disparition n’avait aucun impact sur la privatisation partielle, les 49,99 % d’ATB étant cédés à un consortium de sociétés chinoises et non à Mike Poon en son nom propre.

Opposante à la cession d’ATB, la députée PS du Tarn-et-Garonne et rapporteur général du budget, Valérie Rabault, a écrit le 24 juin au ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, quand elle a appris que M. Poon avait disparu, afin de réclamer le contrat signé. « J’attends toujours », dit-elle. Et le collectif d'opposants aussi.

 

L’Etat promet de garder 10 %

La porte-parole de Bercy assure qu’une réponse sera apportée à la députée « très prochainement à son courrier du 24 juin ». Le ministère réitère par ailleurs son engagement à ne pas céder les 10,01 % de l’aéroport que l’Etat détient encore, après la vente des 49,99 %.

Le contrat de vente aux Chinois donne en effet la possibilité à l’Etat de vendre ses 10,01 % restants dans 3 ans. L’Etat aura alors six mois pour exercer cette option.

« Rien ne dit que dans trois ans et six mois, Emmannuel Macron sera toujours ministre. Cette clause ne peut pas reposer sur sa seule parole », juge Valérie Rabault.

Pas de société écran selon la direction de l’aéroport

La députée, tout comme les acteurs publics locaux, veut que la gestion de l’aéroport reste majoritairement dans les mains du public, soit en faisant en sorte que l’Etat garde ses actuels 10,01 %, soit en augmentant les 40,00 % que les actionnaires publics locaux détiennent.

Par ailleurs, le président du directoire d’ATB, Jean-Michel Vernhes, a démenti les affirmations de Mediapart selon lesquelles Casil Europe, holding de droit français qui détient les 49,99 % pour le compte des actionnaires chinois, soit une « société-écran ».