Toulouse: Un chauffeur UberPop condamné pour « exercice illégal de la profession de taxi »

JUSTICE Le chauffeur poursuivi avait été interpellé en mai à l'aéroport Toulouse-Blagnac...

Julie Rimbert
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L'application UberPop.  AFP PHOTO / THOMAS OLIVA
L'application UberPop. AFP PHOTO / THOMAS OLIVA — AFP

Une amende de 1.000 euros et deux mois de suspension du permis de conduire pour « exercice illégal de la profession de taxi et travail dissimulé ». C’est la peine prononcée mercredi par le tribunal correctionnel de Toulouse à l’encontre d’un chauffeur travaillant pour l’application UberPop.

« Une décision de circonstance »

Le chauffeur poursuivi avait été interpellé le 27 mai à l’aéroport de Toulouse-Blagnac par la police de l’air et des frontières. Jugé le 18 juin, le parquet avait fait des réquisitions assez sévères, demandant six mois de prison avec sursis et six mois de suspension du permis de conduire.

Si le tribunal n’a pas suivi le parquet, l’avocate du chauffeur Uber juge cette peine « très dure ». « C’est une décision de circonstance, dans un contexte tendu entre les taxis et UberPop, assure Stéphanie Dupont-Baillon. Mon client est au chômage alors qu’il a un certificat de la préfecture pour exercer la profession de taxi mais n’a pas trouvé de licence. Nous envisageons d’ores et déjà de faire appel de cette décision ».

Un signal fort aux chauffeurs UberPop

Le comité de défense des taxis toulousains, qui s’était constitué partie civile dans ce procès, estime que « cette condamnation est une première étape ». Le comité réclamait 50.000 euros de dommages et intérêts mais le chauffeur a finalement écopé d’une somme de 100 euros et la prise en charge par le prévenu des frais d’avocat. Pour Thomas Neckebroeck, le conseil des taxis, « la suspension du permis du chauffeur UberPop est une première, c’est un début mais cette décision n’est pas suffisante. C’est un signal envoyé à ces chauffeurs illégaux pour marquer le coup dans un contexte difficile mais nous espérons qu’il y aura d’autres condamnations pour les affaires qui restent encore à juger ».

Frédéric Aussenac, le vice-président de l’Association de défense des taxis toulousains, estime quant à lui que « le tribunal a entendu le mal-être de la profession et est attaché au respect des lois. J’espère que cette condamnation aura un effet sur les autres chauffeurs UberPop. »

Au moins six autres dossiers concernant des chauffeurs UberPop sont actuellement instruits à Toulouse.