Toulouse: Un procès AZF à Paris, les victimes n’en veulent pas

JUSTICE L’association des sinistrés du 21 septembre se mobilise cette semaine...

Béatrice Colin
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Manifestation mardi en fin de journée des membres de l'association des sinistrés du 21 septembre.
Manifestation mardi en fin de journée des membres de l'association des sinistrés du 21 septembre. — B. Colin / 20 Minutes

« Nouveau procès AZF à Paris : Les victimes TOTALement bâillonnées. » C’est le message qu’ont pu lire ce mardi les automobilistes coincés sur la rocade ouest, au niveau de la jonction vers l’A64.

 

Manifestation ce mardi en fin de journée des membres de l’association des sinistrés du 21 septembre. - B. Colin/20 Minutes

 

Une banderole à l’initiative de l’association des sinistrés du 21 septembre. Après la cassation du jugement de la cour d’appel en janvier, ses membres ont décidé de critiquer ouvertement la décision d’organiser le troisième procès AZF à Paris, loin du lieu de la catastrophe et de ses victimes.

Trop cher, trop loin

« Le ministère de la Justice nous a dit qu’il rembourserait sur facture tous les frais dans la limite de 90 euros par jour. On a fait une estimation, sur quatre mois de procès, il faudrait qu’on avance 8 000 euros », déplore Jean-François Grelier, le président de l’association.

« Nous n’avons rien demandé et là, nous nous retrouvons à ne pas pouvoir assister au procès, alors que nous sommes victimes. Nous savons que nous ne sommes rien comparés au groupe Total », critiquent Brigitte Aubert et Pauline Miranda qui ont perdu l’audition à la suite du drame du 21 septembre 2001.

AZF : Vers un nouveau procès, plus de treize ans après l’explosion

Pour leur avocat, Thierry Carrère, « il faudrait une prise de position politique qui puisse permettre aux victimes d’être présentes ». Lors du procès en appel, 2 351 personnes s’étaient portées parties civiles.

« On leur fait payer une erreur commise par la justice. Pour certaines familles, aller à Paris, c’est insurmontable. Or, il est très important que les juges les voient », poursuit Stella Bisseuil, l’avocate de l’association de familles endeuillées AZF Toulouse. Elle propose d’organiser une audience foraine : « Les magistrats seraient nommés à Paris, mais se déplaceraient plutôt que le peuple ».