Toulouse: L'Euro 2016 parlera aussi occitan

FOOTBALL Dans la Ville rose, une version en langue d’oc du guide du supporter est en préparation, pour promouvoir la culture régionale…

Nicolas Stival

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Une manifestation en faveur de l'occitan, avec des concerts, sur la place du Capitole de Toulouse, le 31 mars 2012.
Une manifestation en faveur de l'occitan, avec des concerts, sur la place du Capitole de Toulouse, le 31 mars 2012. — F. Lancelot / Sipa

Anglais, espagnol, allemand… Le guide du supporter de l’Euro 2016, censé aiguiller le visiteur dans Toulouse et lui fournir des bons plans, sera forcément traduit dans plusieurs langues étrangères. Mais pas seulement. Une version en occitan va voir le jour à l'occasion de cet événement, au cours duquel le Stadium accueillera quatre matchs, les 13, 17, 20 et 26 juin.

« Nous sommes dans le domaine du symbole, explique Jean-Michel Lattes, premier adjoint au maire en charge des déplacements et de la culture occitane. L’enjeu est d’installer l’occitan un peu partout dans Toulouse. Pas pour remplacer le français, mais pour marquer l’identité territoriale, donner un témoignage de notre culture aux gens qui viennent d’ailleurs. »

Cette initiative est née voici environ trois mois, lors d’un groupe de travail initié par Laurence Arribagé, en charge des sports à la mairie. « J’ai lancé l’idée, et elle a dit "banco", lâche l’élu. Le monde occitan est ravi. »

Un livret élaboré avec le collectif livret Convergéncia Occitana

Quant à la pourtant très tatillonne UEFA, organisatrice de l’Euro, elle n’a rien trouvé à redire à cette démarche. « Chaque ville hôte a la possibilité de développer une communication locale », avance Jean-Michel Lattes, persuadé du bon accueil de ce guide, au-delà de la sphère régionaliste.

« Cette année, le festival Rio Loco va présenter une thématique occitane et il y aura un monde fou, pronostique-t-il. En outre, lorsqu’ils viennent à Toulouse, beaucoup d’étrangers demandent à faire la visite dans cette langue. » Le livret sera élaboré avec le collectif Convergéncia Occitana

Reste à savoir si l’exemple toulousain fera tache d’huile à Bordeaux, Marseille ou Nice, autres cités hôtes de l’Euro situées en pays d’Oc. En attendant, voici quelques mots à l’attention des futurs visiteurs de la Ville rose : « Adishatz, a l’an que ven ! »