Toulouse: Une école internationale de manga ouvrira à la rentrée 2016

CULTURE L’Ecole internationale du manga et de l’animation (EIMA) s’inscrira dans un créneau encore rare en France…

Nicolas Stival
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Des lecteurs de mangas lors du Toulouse Game Show, le 2 décembre 2012.
Des lecteurs de mangas lors du Toulouse Game Show, le 2 décembre 2012. — Fred.Scheiber

Depuis 2012, Toulouse Manga propose à ses élèves des cours de bande dessinée japonaise mais aussi de japonais, de coréen ou de colorisation numérique. Sa créatrice, Claire Pélier, voit aujourd’hui plus grand.

A la rentrée 2016, elle lancera l’Ecole internationale du manga et de l’animation (EIMA). Les établissements de ce genre sont encore rares en France. « Il en existe deux à Paris (AAA et Eurasiam) et un autre ouvrira en septembre à Angoulême », explique l’ancienne enseignante en arts plastiques.

Mangaka professionnelle éditée au Japon, Nakashima-sensei donne des cours à Toulouse Manga. - Toulouse Manga

 

« Pour l’heure, Toulouse Manga est une école de loisirs, avec un enseignement de qualité, mais on ne prétend pas faire de la formation professionnalisante, poursuit Claire Pélier. Nous avons aujourd’hui 200 élèves, nous en aurons 300 l’année prochaine. Ils étaient nombreux à nous réclamer d’aller plus loin que le loisir. Comme on a la volonté, les compétences et le réseau, on s’est dit : "c’est parti !" »

Le réseau ? Toulouse Manga est le représentant français de l’Ecole mondiale du manga d’Eiji Otsuka. Pour les profanes, ce quinquagénaire est un scénariste très connu dans le milieu, pour ses oeuvres telles que MPD Psycho et Léviathan. « Le gouvernement japonais l’a chargé d’une mission pour développer le manga à l’étranger », précise Claire Pélier.

Auteur de MPD Psycho, Kurosagi et j’en passe, voici mon interview d’Eiji Otsuka : https ://t.co/tvNOxFiJc1 pic.twitter.com/kpWTg8qhF6
— Meloku (@_Meloku) May 10, 2015

Concrètement, l’EIMA compte fonctionner avec des petites promotions de 20 ou 25 élèves, âgés de plus de 16 ans. « Il y aura un cursus manga dès 2016, souligne la directrice. Le cursus animation (dessins animés en 2D ou 3D) ouvrira plus tard. »

Pas de diplôme, mais un book et un site internet

Les heureux élus devront au préalable faire un stade de sélection de cinq jours, suivi d’un entretien puis s’engageront dans une formation de trois années (750 heures de cours par an), entrecoupée de stages, avec une quatrième année en option. L’école ne délivrera pas de diplôme.

« Mais pendant la scolarité, les élèves créeront leur book ainsi qu’un site Internet d’artiste pour faire découvrir leur travail, indique Claire Pélier. A la fin de leur formation, ils passeront une soutenance devant un jury composé de professionnels de l’illustration et de l’édition. »

Random manga cover of the day : "MPD Psycho" v21 by Eiji Otsuka and Sho-u Tajima. pic.twitter.com/Vq0nSa4NjI
— Akito (@Akito_Z) June 2, 2015

Outre les matières artistiques, les futurs mangakas (auteurs de mangas) suivront des cours de comptabilité ou de gestion d’entreprise, car beaucoup deviendront des travailleurs indépendants, qu’ils s’expatrient ou pas. « Des mangakas travaillent pour des Japonais depuis la France », observe la directrice de l’EIMA, qui comptera une quinzaine d’enseignants.

Au fait, combien cette formation coûtera-t-elle ? « Aux alentours de 6 400 euros par an », répond Claire Pélier. La future école cherche encore des partenaires qui permettraient notamment de proposer des bourses à des élèves méritants, mais désargentés.

Les « simples » amateurs de mangas peuvent se rassurer. L’école de loisirs Toulouse Manga continuera à fonctionner en parallèle de l’EIMA.