Pyrénées: Parrainez un bouquetin, la nature vous le rendra

BIODIVERSITE Pour accélérer la réintroduction des bouquetins, le Parc national des Pyrénées lance une campagne de parrainage auprès du grand public…  

Hélène Ménal
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Des bouquetins dans les Pyrénées.
Des bouquetins dans les Pyrénées. — Jean-Paul Crampe

Ils s’appellent Jaime, Isis ou Marco et sont 31 pour l’instant. Douze femelles et 18 mâles bouquetins qui gambadent avec agilité sur les crêtes rocheuses. Avec, en prime, un petit cabri, le premier à naître dans le périmètre du Parc national des Pyrénées depuis plus d’un siècle.

Cette peluche sur pattes est le signe que les natifs des collines madrilènes sont plutôt à l’aise dans leurs sabots, même à haute altitude, et que la réintroduction amorcée en 2014 est sur la bonne pente.

 

Isis et son petit cabri. Il n’a pas encore de nom car on ne connaît pas son sexe - Jean-Paul Crampe

 

Mais pour que la population soit viable, il faut parvenir à une population de deux cents animaux. Le Parc national des Pyrénées a prévu d’atteindre cet objectif en neuf ans. « Mais plus on ira vite, plus on aura de chances de réussir », assure Gilles Perron, le directeur de l’organisme dont les finances ne sont pas extensibles. D’où l’idée de lancer une campagne de parrainage auprès du grand public.

 

Première naissance d’un bouquetin dans les Pyrénées

Surfant sur le succès que rencontrent les nouveaux pensionnaires des Pyrénées, notamment sur les réseaux sociaux, l’opération propose de prendre un caprin sous son aile. C’est bon pour la biodiversité, déductible des impôts, mais aussi très interactif. Car les bouquetins réintroduits sont équipés d’un collier GPS et les parrains pourront les suivre à la trace sur un site internet dédié.

Des mâles deux fois plus chers que les femelles

Depuis que l’appel a été lancé mardi, une dizaine de bienfaiteurs s’est déjà manifestée, avec des dons qui oscillent entre vingt et une centaine d’euros. Le prix « officiel » d’un bouquetin espagnol est de 1.500 euros pour une femelle, le double pour les mâles. Machisme ? « En fait, les bouquetins sont encore chassés en Espagne et les mâles sont un trophée très prisé en raison de leurs cornes », explique Gilles Perron.

 

A ce prix, le Parc national des Pyrénées avait prévu de réintroduire vingt animaux en 2015. Mais si les amis de la biodiversité s’y mettent, il pourrait y en avoir trente.