Trois femmes pour un fauteuil

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Réservée de longue date aux femmes par les partis classiques, la sixième circonscription est une terre de contrastes. Elle regroupe une grande partie du Mirail mais aussi les résidences plus huppées de Tournefeuille, puis taille un bout de campagne jusqu'à Muret et la vallée de la Save. Dix-neuf candidats y briguent le siège de la socialiste Hélène Mignon qui, après trois mandats - dont deux successifs -, ne se représente pas.

Parmi les postulants, trois femmes entières, avec pour point commun un caractère bien trempé. Monique Iborra, vice-présidente (PS) de la région, fait figure d'héritière. Adoubée il y a presque un an par les militants socialistes, elle laboure depuis consciencieusement le secteur. Les 54,05 %, recueillis par Ségolène Royal au soir du second tour de la présidentielle, lui donnent un avantage psychologique certain. Mais il en faut plus pour décourager Françoise de Veyrinas, l'inamovible 1re adjointe aux affaires sociales de Toulouse, encore auréolée de son passé ministériel de « juppette ». L'élue UMP est décidée à retrouver le siège qu'elle avait obtenu en 1993. Elle compte pour cela sur son « relationnel et (sa) connaissance des habitants ». En restant convaincue que seul un député en phase avec le gouvernement peut « porter et défendre les dossiers locaux ». Sa rivale socialiste plaide au contraire pour « un contre-pouvoir à ce gouvernement qui se contente de réformes idéologiques et oublie de parler d'emploi ». L'emploi justement, où plutôt le chômage qui atteint les 30 % au Mirail, est l'un des enjeux locaux du scrutin. Et les habitants des quartiers sensibles, qui ont voté massivement Royal à la présidentielle, pourraient en être la clé.

Elisabeth Husson-Barnier, la troisième femme, peut aussi mettre son grain de sel. Epargnée par les deux favorites, cette centriste pur sucre s'arrime à la ligne « ni gauche, ni droite » de son leader. Forte des 19, 87 % réalisés par François Bayrou le 22 avril, la présidente de l'UDF-MoDem croit en la triangulaire, et compte se maintenir dans cette hypothèse. « Je serai une députée libre et parfaitement indépendante », affirme-t-elle.

gpv Baptisé Grand projet de ville, le chantier de la rénovation urbaine du Mirail divise. « Des sommes importantes ont été investies et cela se voit », estime Françoise de Veyrinas. « Vaste projet immobilier, sans humain, ni social », pour Monique Iborra.