Crash d’un A400M: Airbus accusé de n’avoir pas respecté tous les protocoles

AERONAUTIQUE Un site d'information espagnol met en cause l’avionneur européen dans l’accident qui a causé la mort de quatre personnes, le 9 mai à Séville…

N.S.

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Baptême d'un A400M sur le site d'Airbus à Colomiers, le 22 janvier 2014.
Baptême d'un A400M sur le site d'Airbus à Colomiers, le 22 janvier 2014. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Après la presse allemande, c’est au tour d’un site d’information espagnol de révéler des informations qui pourraient être gênantes pour Airbus, après le crash d’un A400 M le 9 mai à Séville. L’accident de cet avion de transport militaire avait fait quatre morts et deux blessés graves.

Crash de l’A400M : Airbus défend la conception de son avion de transport militaire

Vendredi, le quotidien allemand Handelsblatt évoquait un problème dans l’installation du logiciel de contrôle des moteurs pour expliquer le drame. Ce mardi, le site espagnol El Confidencial évoque « une succession d’erreurs techniques et humaines. »

« Le fonctionnement du FADEC (Full Automatic Digital Engine Control) n’a pas été bien vérifié, précisent des sources anonymes au quotidien. Il aurait fallu vérifier avant (le vol), sur simulateur, que tout marchait correctement. » Le FADEC est le système informatique chargé du contrôle des moteurs de l’A400M.

Un programme très en retard

« Beaucoup de protocoles ont été sautés, assure un informateur à El Confidencial. Si l’avion avait réalisé le rodage des moteurs à grande vitesse au sol avant le premier vol, les moteurs se seraient bloqués avant le décollage. » Et donc, le drame aurait été évité.

Le site espagnol indique que le problème n’est pas seulement dû à l’usine de Séville, et pointe le retard pris par le programme A400M, qui aurait pu forcer Airbus à accélérer certaines procédures…

Mal-être espagnol

Par ailleurs, l’article révèle un certain mal-être de la branche espagnole de l’avionneur européen, qui se sentirait mise à l’écart par le binôme franco-allemand. Une enquête interne est menée par la branche défense d’Airbus Group, Airbus Defence and Space (Airbus DS), qui a la responsabilité du programme A400M.