Bigflo & Oli rappent déjà dans la cour des grands

CULTURE Les deux frères originaires de la Ville rose sortent ce lundi leur premier album intitulé La Cour des Grands...

Beatrice Colin

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Olivio et Florian, alias Bigflo & Oli
Olivio et Florian, alias Bigflo & Oli — Gustavo López Mañas

Pas de grosses berlines rutilantes et bien voyantes. Lorsque Bigflo & Oli arrivent à un rendez-vous, c’est au volant d’une vieille citadine bien cabossée, sans lunette de soleil ni bimbo bien balancée à leurs côtés.

A des années-lumière des gangsta rap, les deux jeunes frères de 19 et 22 ans restent fidèles aux valeurs qu’ils égrènent au fil de leurs titres. Et malgré les critiques qui les encensent, Florian et Olivio avouent avoir «un peu la pression» avec la sortie de leur premier album ce lundi : La Cour des grands.

Ils rêvent d'une carrière «à la I AM»

Clairvoyants, ils savent que «cela peut aussi ne pas durer», que les millions de fans peuvent vite les zapper. Alors dans dix ans, ils espèrent simplement «avoir gardé la même passion et avoir une carrière à la I AM», relèvent-ils en chœur.

En attendant, ils s’escriment à la promotion de leur opus, pas encore sorti et déjà classé parmi les 10e meilleures ventes d'album sur iTunes.

En Belgique la semaine dernière, au Canada dans dix jours, c’est à Toulouse, chez leurs parents, qu’ils se viennent se ressourcer. C’est ici qu’ils ont vécu leurs premiers succès et près de leur ancien lycée, ils ne peuvent pas faire un pas sans être hélés. «Ça nous fait plaisir et on l’a bien cherché à force de vouloir que les gens partagent nos clips», assume Florian.

Après une courte pause dans leur Ville rose, ils repartent ce lundi à l’assaut des radios, télés et seront même sur le plateau du grand journal ce jeudi avec leur titre «Comme d’hab».

 

Un morceau qui parle d’eux, de la jeunesse, de ses soirées et ses errements.

Mais ils n’oublient pas leur sujet de prédilection: le rap. Ils charrient dans Nous aussi, ces chanteurs «qui ne savent pas articuler» et clament haut et fort assumer leur «vie un peu pourrie de pauvre type gentil». «Des piques au second degré, mais on s’en envoie aussi», plaisantent ces adeptes de l'autodérision.

Deux facettes en un album

C’est le côté pile, joyeux et vivant de Bigflo & Oli. Histoire de ne pas tomber dans le côté face dont ils avaient donné un aperçu avec leur Monsieur Tout-le-monde. «Nous, on a l’opportunité de faire quelque chose qu’on aime, ce qui n’est pas le cas de plein de gens qui deviennent comme le personnage de Monsieur Tout-le-monde», explique Olivio, qui a eu son bac l’an dernier et se consacre désormais à cette aventure artistique.

Compositeurs et interprètes, «dans cet album, on se dévoile un peu plus», avoue Florian. La Cour des Grands aborde la question de la religion, de l’avortement avec le titre Le cordon, et revient sur un autre sujet qui a agité l’actualité dans Le bijoutier, en référence au fait divers niçois. «Cela n’a rien à voir avec nos vies, on n’est pas là pour donner la leçon. L’idée c’était de confronter le point de vue des deux personnages», assure le binôme.

Insatiables, ils pensent aux 22 scènes sur lesquelles ils vont monter cet été, à la «grosse idée qu’on a pour aller à la rencontre du public» ou encore à leur deuxième album. Car ils en ont fait leur devise : «C’est que le début».