Luzenac: A 90 minutes d'une montée en Division d'Honneur, le club «n’est pas mort»

FOOTBALL L’entraîneur Sébastien Mignotte et les joueurs du LAP doivent gagner samedi pour être sûrs de remonter en sixième division, un an après la dégringolade du club…

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Sébastien Mignotte (au centre) entraîne l'équipe de Luzenac en DHR.
Sébastien Mignotte (au centre) entraîne l'équipe de Luzenac en DHR. — F. Lancelot / Sipa

S’il bat L’Union, samedi, sur sa pelouse fétiche de Paul-Fédou, le Luzenac Ariège Pyrénées assurera sa montée en Division d’Honneur, la sixième division. Un an après le triste feuilleton sportivo-juridique qui a vu le promu en Ligue 2 renvoyé en Division d’Honneur régionale (DHR), le symbole serait fort. Ancien défenseur du LAP devenu entraîneur, Sébastien Mignotte (34 ans) fait le point sur la situation du club.

En début de saison, vous évoquiez une montée en DH en deux ou trois ans. Finalement, vous pourriez avoir un peu d’avance sur les plans initiaux…

Oui, mais il reste encore ce match à gagner, car je pense que Foix (coleader de la poule de DHR) s’imposera à Tarbes. En début de saison, on ne savait pas dans quoi nous nous embarquions. Les choses ont commencé à bien tourner en décembre car auparavant, nous ne comptions qu’un seul succès. Il a fallu un temps d’adaptation. L’apport de certains joueurs comme Nicolas Dieuze (qui sera absent samedi car blessé) ou Franck Akaza a également aidé.

Depuis nous sommes sur un très bon rythme de croisière (une défaite lors des 15 derniers matchs) et nous avons désormais notre destin en mains. Nous aurions payé pour être dans cette situation, il y a six ou sept mois. Les joueurs se le sont gagné. Maintenant, il faut conclure.

Les événements de l’été dernier sont-ils définitivement digérés ?

Pour moi, ils l’ont été relativement rapidement. J’ai eu la chance de rebondir sur un autre projet, même si celui-ci était très difficile à mettre en place. Nous étions quatre dirigeants pour remettre un club en ordre. Cela m’a fait oublier le reste. Enfin… On n’oubliera jamais, mais nous sommes passés à autre chose.

Et les joueurs ?

Beaucoup d’entre eux n’étaient pas concernés directement. Mais ils ont été touchés car ils tiraient une certaine fierté de faire partie d’une réserve professionnelle (si le LAP était monté en L2), avec quatre ou cinq pros pour les renforcer chaque week-end.

Sentez-vous une ferveur autour du match de samedi ?

Au travail, au Syndicat mixte départemental de l’eau et de l’assainissement de l’Ariège, on me parle de ce match depuis une semaine. Le club a fait ce qu’il fallait en organisant une fête avec toutes les équipes.

L’événement est décidé depuis six mois, alors qu’on ne savait pas que cette dernière journée pouvait être déterminante. Mais cela peut être symbolique si on monte. Si certains supporters ne sont pas revenus au stade cette saison, c’est l’occasion d’y refaire un saut et de voir que le club n’est pas mort. Cela a été le leitmotiv de la saison.

Où en êtes-vous sur le plan financier ?

Nous avons bien bossé. Mais nous avons travaillé dans l’urgence et nous sommes en train de faire un gros boulot sur le plan du sponsoring. Il faut proposer des choses intéressantes à nos partenaires, sur différents supports.

Nous voulons recréer un site Internet, travailler sur les panneaux autour du stade, sur les repas partenaires. Si on monte, on redevient le club numéro 1 de l’Ariège. Et entre l’histoire du club et sa dynamique, cela peut être intéressant de bosser avec nous.

D’après vous, jusqu’où peut aller le LAP ?

A moyen terme, d’ici cinq ans, il faudrait arriver à remonter en CFA 2 (cinquième division). Sur le plan budgétaire, ce sera difficile, mais ce club le mérite. Cependant, si on parvient à pérenniser l’équipe première en DH, on aura déjà fait du bon travail.