Toulouse: Pour le maire, «cette grève des bus doit s'arrêter»

TRANSPORTS Jean-Luc Moudenc (UMP) n’a pas l’intention de céder aux revendications des grévistes. Il s’en explique pour 20 Minutes…

Propos recueillis par Helene Menal

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Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse.
Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse. — F. Scheiber/20 Minutes

Après six semaines d’un interminable conflit, les traminots occuperont la place du Capitole ce mercredi. Mais le maire de Toulouse, qui en tant que président de la Métropole a la main sur Tisséo, se montre intraitable. Explications.

Après six semaines de grève, les traminots grévistes estiment que vous êtes le seul à pouvoir débloquer la situation. Quel est votre message ?

Je redis que cette grève qui empoisonne la vie de tout le monde doit s’arrêter.

La direction de Tisséo n’a pas rouvert les négociations depuis le début du conflit. Ne doit-elle pas lâcher du lest ?

La direction de Tisséo a passé des dizaines et des dizaines d’heures à discuter et à négocier depuis plusieurs mois, avec une position qui est ferme et qui consiste à proposer une revalorisation des salaires de 0,45 % au titre de l’année 2015. Je rappelle qu’au cours du mandat précédent, entre 2008 et 2014, il y a eu 20 % d’augmentation.

Et je pose la question : Qui aujourd’hui dans notre pays ou à Toulouse peut se flatter d’avoir eu 20 % d’augmentation en pouvoir d’achat au cours de ces dernières années ? En réalité, pas grand monde. Donc j’appelle les syndicalistes qui mènent ce mouvement à revenir à un esprit de responsabilités.

L’intersyndicale tend une perche en proposant d’augmenter davantage les petits salaires. Qu’en pensez-vous ?

Je suis prêt à étudier une modulation mais ça suppose de discuter dans la sérénité. Tant que les Toulousains seront pris en otages comme ils le sont, il est impossible d’envisager des discussions.

Recevrez-vous tout de même les grévistes ce mercredi ?

Les élus qui sont responsables du dossier ont toute ma confiance. C’est Marc Del Borello qui est président de l’entreprise Tisséo. Il est leur interlocuteur et il est à leur disposition pour réaffirmer la position de la collectivité qui est une position de fermeté et qui ne variera pas.

La grève a déjà coûté très cher, on parle de deux millions d’euros. Peut-être plus cher que l’augmentation générale de 3 % demandée…

Comme maire de Toulouse et président de la Métropole, je ne peux pas demander des efforts aux Toulousains et aux services de la collectivité et en même temps céder devant des revendications qui ne sont pas du tout raisonnables, ni même décentes eu égard au contexte.

Si nous cédons, la grève aura réussi. Et que vont-ils faire l’année prochaine ? Refaire grève et ainsi de suite. Céder, c’est payer plus cher à terme.