Toulouse: Vives critiques autour de la venue de Robert Ménard

POLEMIQUE La mairie a accordé une salle municipale pour la tenue d’une conférence du maire de Béziers, proche du FN…

Beatrice Colin

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Le maire de Béziers, Robert Menard, le 5 mai 2015.
Le maire de Béziers, Robert Menard, le 5 mai 2015. — SIPA

« Peut-on faire de la politique autrement ? » C’est le thème de la conférence donnée ce lundi soir à la salle Barcelone par le très polémique maire de Béziers (Hérault), Robert Ménard, et Guillaume de Prémare, l’ex-président national de la Manif pour tous.

La venue de l’élu apparenté FN, invité de l’association Face à face qui avait déjà fait venir le journaliste Eric Zemmour dans la Ville rose, n’est pas du goût des partis d’extrême gauche, des écologistes ni de la Ligue des droits de l’homme.

Différentes formes de manifestation

Vilipendant la « politique de stigmatisation des musulmans » de Robert Ménard, le NPA 31 estime que l'élu n’a « pas sa place à Toulouse ».


« Si on laisse des personnes propager ces idées xénophobes, c’est inquiétant », souligne de son côté Abdellatif Mellouki, le vice-président du conseil régional du culte musulman. Ce dernier se rendra ce lundi soir à la réunion publique « d’une manière pacifique pour interroger le maire de Béziers ».

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Inégalité de traitement

Les militants d’extrême gauche font valoir de leurs côtés une inégalité de traitement de la part de la mairie, propriétaire de la salle.

Le 31 mars, le comité Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), qui milite contre la politique israélienne, avait invité Farid Esak, un représentant sud-africain du BDS. Au dernier moment, la ville de Toulouse avait refusé de mettre à la disposition la salle Barcelone pour que se tienne cette conférence, invoquant un risque de trouble à l’ordre public.

Depuis, le NPA, qui avait réservé la demande de salle au nom du comité BDS, a déposé un recours devant le tribunal administratif. Appuyé par la section toulousaine de la Ligue des droits de l’Homme qui « s’insurge contre des pratiques arbitraires [de la mairie de Toulouse] qui voient l’attribution de ces locaux régie par son seul bon vouloir, en dehors de toute équité et au mépris du respect droit commun à la liberté d’expression, comme il a été possible de le constater ces dernières semaines ».

Pas d’interdiction de la mairie

La mairie à majorité UMP a annoncé dans un communiqué qu’elle n’interdirait pas la tenue de la réunion du maire de Béziers, même si elle « est loin de partager ses opinions et choix politiques ». La collectivité « considère qu’il n’y a pas lieu d’interdire le débat de ce soir », Robert Ménard ayant été élu démocratiquement.

Elle assume par contre d’avoir fait interdire celle du 31 mars, car la réunion publique était organisée « autour de personnes condamnées pour discrimination et incitation à la haine raciale. C’est cet aspect qui engendrait un fort risque de troubles graves à l’ordre public », insiste le Capitole. Ce que contestent les organisateurs.

Pour éviter tout débordement, la préfecture a indiqué qu’un dispositif de sécurité serait mis en place ce soir, autour de la salle Barcelone.