Toulouse: Les nuisances sonores de l'aéroport au-dessus des limites

SANTE Une étude de Bruitparif a effectué des mesures sonores pendant deux mois chez des riverains de Cornebarrieu et à Ramonville...

Julie Rimbert

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Les riverains de l'aéroport de Toulouse-Blagnac subissent des nuisances sonores liées au trafic aérien.
Les riverains de l'aéroport de Toulouse-Blagnac subissent des nuisances sonores liées au trafic aérien. — Alexandre GELEBART/20MINUTES

C’est une étude qui donne du grain à moudre aux opposants au projet de privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. L’observatoire du bruit parisien, Bruitparif, vient de publier les résultats de deux mois de mesure sur deux sites de la zone aéroportuaire. Les nuisances sonores y dépassent les normes tolérées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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Des normes dépassées, même à Ramonville

Les mesures ont été réalisées dans le prolongement des pistes de l’aéroport, à Cornebarrieu et à Ramonville, de début février à début avril. Pour la première zone, l’étude note que « les riverains de ce secteur sont exposés à des nuisances sonores très importantes générées par le trafic d’aéronefs, de jour comme de nuit. Sur la période de mesure, 80 % des jours ont connu un dépassement » des normes établies par l’Autorité de Contrôle des Nuisances Aéroportuaires (ACNUSA) avec plus de 100 évènements de plus de 65 décibels (dB). La nuit, ces mesures montent à 30 % avec plus de 10 cas de plus de 70 dB.

A 7 kilomètres au sud de l’aéroport, les mesures sont également éloquentes. Ainsi, sur la période de mesure, 51 % des jours ont connu un dépassement de la valeur de référence avec plus de 100 événements par jour de plus de 65 dB. 19 % des nuits ont également connu un dépassement des normes.

Les riverains opposés à une hausse du trafic aérien

Si ces résultats entrent dans le cadre d’une enquête épidémiologique qui doit se poursuivre jusqu’en 2017, le constat de ces importantes nuisances sonores conforte la position des riverains de l’aéroport. Réunis au sein du collectif unitaire contre la privatisation de la gestion de l’aéroport, ils refusent que la cession de la zone aéroportuaire à un consortium chinois n’engendre une hausse du trafic aérien.

« On voit que même à Ramonville les gens sont malades à cause du bruit des avions, assure Chantal Beer-Demander, la présidente du collectif. L’Etat assure que 100.000 personnes sont concernées par ces nuisances mais en fait, c’est beaucoup plus ! Cette étude prêtre main forte aux riverains qui continuent de craindre une augmentation des liaisons aériennes avec la mise sous pavillon chinois de l’aéroport. »

Les responsables de l’aéroport de Toulouse-Blagnac n’ont pas commenté les premiers résultats de cette étude toujours en cours, estimant que ces données sont pour l’instant incomplètes.