Toulouse: Le projet immobilier sur des terrains très pollués fait polémique

IMMOBILIER Selon le site Bastamag, le groupe Vinci envisage la réalisation un projet immobilier chemin de Lapujade, sur un terrain très pollué au plomb et à l'arsenic...

Beatrice Colin

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Friche de l'Ilot Lapujade, à Toulouse
Friche de l'Ilot Lapujade, à Toulouse — B. Colin / 20 Minutes

Depuis des années, l'avenir de ce terrain vague de 16.829 m2, coincé entre la voie ferrée Toulouse-Albi, des petites «toulousaines» et les barres d'immeuble du chemin Lapujade, anime la vie du quartier.

Dernier rebondissement en date, les révélations faites lundi dans un article très informé du site Bastamag, sur la pollution de cet ancien site industriel. Selon des analyses, les teneurs en plomb et en arsenic enregistrées y seraient très élevées et toucheraient la nappe phréatique.

Teneurs en plomb deux fois plus élevées que la norme

Des données cruciales puisque Vinci Construction projette d'y bâtir 185 logements mais aussi une crèche, une résidence pour seniors et des jardins partagés.

Or, dans les rapports que s'est procurés le journaliste de Basta!, les teneurs en plomb d'une partie du site sont «deux fois et demie plus élevées que le seuil d'alerte au-delà duquel les risques pour la santé humaine sont avérés». Sans parler de celles retrouvées dans la nappe phréatique qui alimente les puits des maisons alentour.

Riverains stupéfaits et en colère

Des chiffres qui ont suscité l'émotion chez les riverains. «J'ai envoyé un mail pour déconseiller aux habitants d'utiliser leurs puits pour arroser leurs potagers. Nous étions au courant qu'il y avait une pollution, cela fait quatre ans que nous posons des questions sur ce sujet au cours des réunions de concertation, mais de là à imaginer ces chiffres. Je suis stupéfaite et en colère», lâche Catherine Denoël, la présidente de l'association Ilot Lapujade.

Elle espère bien que l'Etat et la mairie, qui est en train d'instruire le permis de construire, vont se saisir du dossier et ne pas se renvoyer la balle.

«C'est au propriétaire de se charger de la dépollution, qui est toujours réalisée en fonction de la destination du site. Tout est contrôlé et surveillé par les services de l'État. Mais nous ne donnerons pas un blanc-seing sans connaître ce qui est prévu. On sera exigeant avec l'Etat qui doit effectuer ce contrôle», souligne l'adjointe à l'Urbanisme de Toulouse, Annette Laigneau.

Le site sera complètement dépollué selon Vinci

De son côté, Vinci Construction assure que tout sera fait dans les règles.

«Un bureau d'études indépendant a fait un nouveau diagnostic en fin d'année dernière, ses résultats n'indiquent pas ces taux-là. Nous sommes des gens responsables, le site sera complètement dépollué, on ne construit pas sur un site tel qu'il est. Nous ferons tout ce qui est nécessaire», assure Xavier Defaux, le directeur de la communication de Vinci Immobilier. Dont acte.