Aéroport de Toulouse: Anne-Marie Idrac, carte maîtresse des Chinois

ECONOMIE Les actionnaires chinois ont confié la présidence de la plateforme à cette ex-ministre spécialiste des transports...

Hélène Menal
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Jean-Michel Vernhes, le direteur de l'aéroport et Anne-Marie Idrac, la nouvelle présidente du Conseil de surveillance.
Jean-Michel Vernhes, le direteur de l'aéroport et Anne-Marie Idrac, la nouvelle présidente du Conseil de surveillance. — H. M"nal - 20 Minutes

Après avoir dirigé la RATP puis la SNCF, Anne-Marie Idrac prend l'avion et la présidence du conseil de surveillance de l'Aéroport Toulouse-Blagnac. Avec cet ex-secrétaire d'Etat aux Transports, les nouveaux actionnaires chinois de la plateforme (détenteurs de 49,99% des parts) ont choisi un profil très «intérêt général» propre à rassurer les élus effrayés par cette privatisation partielle. «C'est une très belle mission de service public», a d'ailleurs confié mardi l'ex-députée centriste juste après son élection «à l'unanimité».

Cela signifie que les autres actionnaires de la société de gestion (Etat 10,01%, Chambre de Commerce 25%; Toulouse Métropole 5%, le Conseil départemental 5% et la Région 5%) ont adoubé celle qui ne se sent «ni une tête de potiche, ni une tête de caution».

L'enjeu de la maîtrise publique

Georges Méric (PS), le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, a réaffirmé mardi son intention de convaincre les autres actionnaires locaux de racheter les 10,01% des parts encore détenues par l'Etat. Un investissement d'une soixantaine de millions d'euros qui assurerait la maîtrise publique de l'aéroport. «C'est un enjeu politique fondamental et un investissement qui n'est ni délirant, ni à fonds perdu puisque c'est un investissement qui rapporte 5% par an», a-t-il rappelé.

Georges Méric prêt à racheter les dernières parts de l'Etat

Martin Malvy (PS), le président de la Région, n'est pas tout à fait conquis. Il attend de savoir exactement si ces parts sont vraiment à vendre. Il serait alors pour «une solution locale», mais pas exclusivement publique.

Des sous pour le Parc des expos ?

Quant à Jean-Luc Moudenc (UMP), le président de la Métropole et maire de Toulouse, il n'a pas l'intention de faire payer aux contribuables toulousains ce qu'il leur appartient déjà. D'autant que ses relations avec le nouvel actionnaire Chinois, qui a fondé une société de droit français baptisée Casil, sont au beau fixe. L'édile de la Ville rose a été nommé mardi à la présidence du «Comité Stratégie des investissements» de l'aéroport, une nouvelle structure.

Des rapports cordiaux qui augurent bien d'un soutien financier des Chinois pour la construction du nouveau parc des expositions. Pendant la procédure du choix de l'actionnaire, ils s'étaient engagés à verser «plusieurs dizaines de millions d'euros».