Toulouse: Trois choses à savoir sur la grève des bus qui s'éternise

TRANSPORT La grève des bus (et parfois du tram) est dans sa sixième semaine. Et la négociation ne semble pas à l'ordre du jour. Encore que...

Hélène Ménal
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Des usagers toulousains qui attendent désespérément le passage de leur bus. Archives.
Des usagers toulousains qui attendent désespérément le passage de leur bus. Archives. — P. Guerguil - 20 Minutes

«A ce rythme, on peut tenir jusqu'au Bac! Et là, la direction va carrément craquer». Une prédiction de syndicaliste qui a de quoi anéantir le moral des usagers qui n'en peuvent plus d'attendre le matin un bus qui n'arrive jamais, d'embaucher en retard ou encore de rater leurs rendez-vous. Jusqu'à quand ce cauchemar va-t-il durer? 20 Minutes fait le point sur l'état d'esprit des forces en présence et sur les chances d'entrevoir une sortie du tunnel.

 

1 - Des grévistes remontés comme des pendules qui peuvent tenir longtemps

Depuis le début de ce conflit qui porte sur les salaires, l'intersyndicale des traminots (CGT, SuD, FO, CFDT) montre une unité sans faille. Pas tout à fait indolore, la grève est très supportable pour les grévistes qui ne débraient qu'une heure par jour à la prise de service mais réussissent à perturber le  trafic pendant de longues heures.

Leur astuce, désormais éventée, consiste à retarder les bus à la sortie des dépôts en discutant «information syndicale   avec les conducteurs. Jeudi 7 mai, la direction a échoué à faire sanctionner par la justice ce qu'elle considère toujours comme «un détournement de la grève» . Du coup, les bloqueurs ont la grinta. «Depuis lundi, on filtre encore plus épais», explique l'un d'eux sans complexe.

2 - Une direction inflexible

«La négociation est close, elle ne reprendra pas». Voici, en gros, ce que répète inlassablement Olivier Poitrenaud, le directeur de Tisséo, depuis le début de la grève. La régie urbaine, affirme-t-il, n'a pas les moyens financiers d'aller au-delà du 0,45% d'augmentation générale prévu. Même fermeté sur la proposition avancée par l'intersyndicale de nommer un médiateur. «Sur quoi pourrait-il négocier puisque les négociations sont terminées?», demande le directeur. Enfin, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (UMP) n'a pour l'instant pas l'intention d'intervenir.

Après avoir échoué à faire condamner par la justice les barrages filtrants, la direction a adopté une nouvelle stratégie depuis lundi. Elle fait savoir aux conducteurs qui s'arrêtent à la sortie des dépôts qu'ouvrir les portes du bus aux syndicalistes est contraire au règlement. Elle menace à demi-mot de sanctions. Sans grand succès jusqu'ici.

3- Une perche tendue?

Lors d'une réunion lundi l'intersyndicale a évoqué l'idée de sortir par le haut en n'augmentant davantage que les «petits salaires». «Les grévistes sont les ouvriers pas le management»,souligne Frank Delpérié, le secrétaire du syndicat Sud. Cette proposition va-t-elle faire son chemin? Suspense.