Haute-Garonne: Pour ne pas augmenter les impôts, les villageois assurent le service

SOCIETE Pour la deuxième année consécutive, ce dimanche les habitants de Peyrissas donnent de leur temps à leur commune en échange d'une stabilité fiscale...

Beatrice Colin

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Illustration cimetiere . C Villemain/20 Minutes
Illustration cimetiere . C Villemain/20 Minutes — C. Villemain/20 Minutes

Rebelote. Après avoir nettoyé de fond en comble la salle des fêtes et l'église l'an dernier, ce dimanche, les habitants de Peyrissas, dans le sud de la Haute-Garonne, s'attaquent à l'accessibilité du cimetière.

Cette journée de travail n'est pas au profit d'une association caritative. Les villageois ont décidé à nouveau de mettre la main à la pâte pour éviter de voir le montant de leurs impôts locaux s'envoler.

 

2.500 à 3.000 d'économies

Durant la campagne des municipales 2014, le maire socialiste Guy Loubeyre, avait annoncé la couleur à ses électeurs en leur proposant cette corvée citoyenne en échange d'une stabilité fiscale. Cette huile de coude a permis à la commune de 85 âmes d'économiser entre 2.500 et 3.000 euros.

Un buzz médiatique et une année plus tard, il récidive. «Nous n'avons pas d'employé municipal donc nous devons soit faire affaire avec une société privée ou bien payer le personnel de la communauté de communes», explique l'édile qui n'a pas eu de mal à convaincre ses ouailles du bien-fondé de la démarche. Comme l'an passé, ils seront une trentaine ce dimanche à tailler les haies ou aplanir les allées du cimetière.

Moment convivial

De menus travaux qui permettent de faire face à la baisse des dotations de l'Etat estimée cette année à 500 euros pour la commune sur un budget global de 85.000 euros. Pour Guy Loubeyre, ce n'est pas le retour de la «taille», cet impôt seigneurial qui se transformait en temps donné par des habitants «taillables et corvéables à merci».

 

«Ce n'est qu'une journée. Il y a l'aspect financier mais pas uniquement. Tout le monde se connaît ici, mais lorsqu'on se voit tous, c'est souvent aux enterrements, là c'est un moyen d'être ensemble, de partager entre les plus jeunes et les anciens», plaide le maire, rappelant qu'avant, chaque famille entretenait à tour de rôle la voirie.

D'ailleurs, avec les six autres élus du village, ils n'hésitent pas à retrousser leurs manches pour désherber les routes communales.

«Gratter à droite à gauche, retarder les projets»

Un système D pour faire face aux dépenses qui explique pourquoi d'autres maires l'ont sollicité pour savoir comment il s'y prenait côté assurances.

«Dans une commune, on peut toujours économiser, gratter à droite à gauche, retarder des projets. La solution de facilité, c'est d'augmenter les impôts de 15% alors que les baisses de dotation de l'Etat sont annoncées depuis longtemps», plaide l'élu socialiste en clin d'œil au maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

Et pour montrer que tout travail mérite salaire, dimanche soir, la mairie n'oubliera pas de payer l'apéro.