Espace: En ratant son atterrissage, Philae a fait faire un bond à la science

SCIENCES Le robot largué par la sonde Rosetta a permis une découverte révolutionnant l'étude des comètes...

N.S. avec AFP

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Le module Philae en approche au-dessus de la comète
Le module Philae en approche au-dessus de la comète — CNES

Depuis le 15 novembre, le robot Philae s’est endormi sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko (alias Tchouri). Largué par la sonde Rosetta, il n’a pu être réveillé, car il est coincé dans une zone peu ensoleillée qui ne permet pas de recharger ses batteries. Cependant, son atterrissage mouvementé a permis de faire une découverte majeure, qui a surpris les scientifiques: le noyau de Tchouri n’a pas de champ magnétique.

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Philae, qui pèse 100 kg sur la Terre, mais est plus léger qu'une plume sur la comète, a fait plusieurs rebonds. Ceux-ci ont permis de faire des mesures du champ magnétique à des endroits différents, grâce au magnétomètre Romap installé sur le robot, mais aussi sur la sonde Rosetta.

«Nous sommes probablement la seule équipe à bénéficier de tels sauts. D'habitude, nous pouvons seulement mesurer le champ magnétique en un point. Mais avec tous ces rebonds, nous avons eu l'opportunité (...) de mesurer quatre points», a souligné Hans-Ulrich Auster, coauteur d’une étude publiée mardi dans la revue américaine Science et présentée simultanément devant l'Union européenne des géosciences (EGU), à Vienne, en Autriche.

«Si la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, est représentative de tous les noyaux cométaires, nous pensons qu'il est improbable que les forces magnétiques aient joué un rôle dans l'accumulation de corps rocheux de plus d'un mètre qui ont participé à la formation des planètes», poursuit le géophysicien.

Ces résultats pourraient balayer une théorie clé sur la formation des comètes et d'autres corps du système solaire, observe Hans-Ulrich Auster. En attendant son très hypothétique réveil, Philae a déjà fait faire de grands bonds à la science.