Toulouse: Au Sud-Est de la ville, un boulevard pour les voitures

CIRCULATION L'ouverture aux voitures de la LMSE, la voie qui relie Saint-Orens au campus de Rangueil, est acquise. Certains s'en réjouissent, d'autres se désolent...

Hélène Ménal

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D'ici un an, les voitures pourront rouler à côté des bus
D'ici un an, les voitures pourront rouler à côté des bus — Fred.Scheiber

C'est fait. La liaison multimodale sud-est (LMSE), entre Saint-Orens et le campus scientifique, va être ouverte aux voitures. Les élus de Toulouse Métropole ont voté jeudi la «bascule» en mode automobile de ce large boulevard qui enjambe la rocade. Il était réservé aux bus ou aux modes doux depuis son inauguration en 2013.

«Aujourd'hui, essayez de sortir de l'Université Paul-Sabatier à 17 heures. On ne peut pas parce que tout est bloqué. Or, l'étude que nous avons commandée montre que l'ouverture va réduire de moitié le trafic sur l'avenue Edouard-Belin, principal accès au campus, et soulager l'échangeur de Lespinet», argumente Jean-Michel Lattes (UDI), le vice-président en charge des déplacements.

Portion de la LMSE qui doit être ouverte au trafic automobile. - Google Maps

Saint-Orens applaudit

Le changement devrait intervenir durant l'été 2016, moyennant 1,8 million de d'aménagements. Et il est accueilli à bras ouverts par Dominique Faure (UDI), la maire de Saint-Orens. «Cette voie n'avait de multimodale que le nom. Actuellement, les Saint-Orennais mettent 45 minutes à une heure pour rentrer dans Toulouse aux heures de pointe, assure-t-elle. La LMSE va leur faciliter la vie». Et leur permettre d'éviter la rocade tout comme l'enfer de l'échangeur du Palays.

Bâtons dans les roues

Mais cet enthousiasme est loin d'être partagé par trois associations, très à cheval sur la LMSE depuis la genèse du projet en 2005. Deux pieds deux roues (ex-Association vélo), Veracruz et les Amis de la Terre ont même obtenu de l'ancienne municipalité un protocole écrit stipulant qu'elle ne serait jamais ouverte aux voitures.

«Sur la forme, cette décision est donc illégale», indique Florian Jutisz, le vice-président de 2 pieds 2 roues dont la pétition a recueilli 2.300 signatures. Sur le fond, «la LMSE va devenir un aspirateur à voitures et un véritable enfer pour les riverains, notamment les salariés du Cnes et les étudiants», estime le militant du vélo. Un recours juridique est en préparation. Mais il n'inquiète pas Jean-Michel Lattes. «Après analyse du dossier, je pense que ce protocole a une valeur juridique très limitée», explique l'élu.