Haute-Garonne: Le cri du cœur des parents d'enfants autistes

SOCIETE A l'occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, ce 2 avril, les associations montent au créneau pour dénoncer le manque de structures d'accueil...

Beatrice Colin

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Dans une structure associative parisienne d'accueil d'enfants autistes, Vaincre l'autisme.
Dans une structure associative parisienne d'accueil d'enfants autistes, Vaincre l'autisme. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Nous en avions marre d’être sur liste d’attente depuis plus de six mois. L’école de la commune où nous habitions n’acceptait pas bien mon fils, nous avons préféré déménager. J’ai tout arrêté et nous avons créé cette structure», raconte Déborah Schembre.

Depuis un mois, cette maman d’un enfant autiste a ouvert à Castanet «Les enfants de TSA». Cette association accueille 14 enfants de 3 à 15 ans atteints de ces troubles du comportement. Se refusant à mettre son fils en hôpital de jour, c’est le seul moyen qu’ait trouvé Déborah Schembre pour faire avancer son fils. Assistée de psychologues, d'orthophonistes et d’éducateurs spécialisés, elle espère apporter une réponse à des parents souvent désemparés.

«Beaucoup d’entre eux ont pleuré, ils ne savaient plus quoi faire et se sentent souvent isolés. Là, ils peuvent échanger», explique-t-elle. A terme, sa structure devrait accueillir 26 enfants.

625 enfants sur liste d’attente

Une goutte d’eau face aux besoins. En Haute-Garonne, 625 enfants sont sur liste d’attente pour obtenir une place soit dans l’un des centres spécialisés, soit en Institut médico-éducatif.

«Et ce chiffre ne recouvre pas les familles qui ont renoncé à les inscrire», relève Karine Routaboul-Cohen, la présidente de Sésame Autisme Midi-Pyrénées. Cette maman d’un enfant autiste de 12 ans sait aussi que Toulouse n’est pas trop mal lotie en termes de structures. Notamment grâce au Centre régional d’éducation et de services pour l’autisme en Midi-Pyrénées, créé en 2007 par des familles et Bernadette Rogé, professeur à l’Université Jean-Jaurès.

«Mais dans les départements annexes, c’est le désert complet. Et pour avoir accès aux centres spécialisés, il faut que l’enfant soit scolarisé, ce qui est loin d’être le cas de tous. Nous sommes aussi confrontés à la précarité financière de certaines familles face à la prise en charge», poursuit Karine Routaboul-Cohen qui aimerait une prise de conscience des pouvoirs publics.

Stand d'information

A l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation de l’autisme, les associations tiendront un stand d’information ce jeudi, de 10 h à 18 h, rue Alsace-Lorraine, à la sortie du métro Capitole.