Pyrénées: Le nombre d'ours fait un bond

ENVIRONNEMENT 31 ours ont été officiellement recensés dans le massif en 2014. C'est six de plus qu'en 2013...

Hélène Ménal

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L'oursonne Auberta découverte en 2014 dans le Val d'Aran. Elle estmorte accidentellement quelques mois plus tard
L'oursonne Auberta découverte en 2014 dans le Val d'Aran. Elle estmorte accidentellement quelques mois plus tard — Parc animalier des Pyrénées

Heureux comme un ours dans les Pyrénées. Leur population officielle est passée de 25 en 2013 à 31 en 2014. Cette information a été rendue publique mardi par l'association Pays de l'Ours-Adet. Elle a eu accès au dernier bilan du Réseau ours brun (ROB), l'équipe technique chargée du suivi de ces mammifères dans le massif des Pyrénées. Balou étant mort accidentellement en juin 2014, cela signifie que sept nouveaux ours batifolent dans le massif. Dont six oursons, issus de trois portées. L'une d'elles, ayant vu la naissance de deux petits, remonte d'ailleurs à 2013, mais elle était passée au travers du «radar» des spécialistes.

La vie de Balou

Bonne nouvelle

Les défenseurs de l'ours ne boudent pas leur plaisir à l'annonce de cette poussée démographique. Pour Alain Reynes, le directeur de Pays de l'Ours-Adet, «c'est la preuve que l'ours et les Pyrénées sont parfaitement adaptés l'un à l'autre». Ce dont certains spécialistes doutaient au moment du coup d'envoi du plan de restauration, en 2006, et des premiers lâchers d'ours slovènes.

Le responsable note en outre que les dégâts restent «stables», avec 128 attaques recensées, 178 brebis tuées et une ruche détruite.

Les pro-ours mettent la pression

Mais, pour les amoureux de Pyros et de sa nombreuse descendance, la bonne nouvelle pourrait avoir son revers. Alain Reynes craint que «le gouvernement se cache derrière ces chiffres pour ignorer ses responsabilités». Autrement dit, que ce soit un prétexte pour retarder encore la décision de nouveaux lâchers qui divisent la population locale.

Or, pour les amoureux des plantigrades, c'est au contraire le moment ou jamais de transformer l'essai. Ils rappellent que le doyen Pyros est le géniteur de tous les oursons, sauf deux, nés ces dernières années  dans les Pyrénées centrales, avec le risque de consanguinité que cela peut entraîner. Quant à Néré et Canelitto, les deux mâles des Pyrénées occidentales, ils manquent cruellement de femelle.