Toulouse: Les patrons du bâtiment en croisade contre les salariés discount

ECONOMIE Les professionnels locaux de la construction créent un label et une charte éthique «maison»...

Hélène Ménal

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Des immeubles en construction à Toulouse. Archives.
Des immeubles en construction à Toulouse. Archives. — Alexandre GELEBART/REA

Huit euros de l'heure. C'est, selon la Fédération départementale du bâtiment et des travaux publics (FBTP31), le traitement des travailleurs illégaux qui opèrent à Toulouse et dans ses alentours. Alors que le salaire horaire moyen d'un ouvrier spécialisé déclaré tourne autour de 13,50 euros (le double avec les charges).

Démarche volontaire

«Or, ceux qui respectent les règles ne doivent pas être pénalisés», lance Frédéric Carré, le président de la FBTP 31. Handicapés par cette concurrence déloyale alors que - crise oblige - leur chiffre d'affaires a déjà fondu de 20% en sept ans, les patrons du secteur ont décidé de se retrousser les manches. Mais de façon «positive et citoyenne».

Ils ont lancé mardi leur Charte Ethibat, un label maison qui garantit que l'entreprise estampillée respecte la loi. Qu'elle paie ses charges, les déplacements de ses salariés ou encore qu'elle est assurée en cas de malfaçon.

Moutons noirs

«Un tiers de nos 450 entreprises affiliées ont déjà manifesté leur volonté d'adhérer à la charte», affirme Frédéric Carré. Pour obtenir le label Ethibat, ces volontaires vont devoir fournir des documents comptables qui seront passés au scanner par leurs pairs.

La charte, qui sera reproduite dans les réponses aux appels d'offres faites par les entreprises vertueuses, a pour but de sensibiliser au problème les maîtres d'ouvrage privés et publics qui, parfois, sont tentés par des prix anormalement bas.

Indirectement, elle cherche aussi à dissuader les moutons noirs. En 2014, à  l'Urssaf Midi-Pyrénées, les redressements pour main-d’œuvre illégale étaient évalués à près d'une dizaine de millions d'euros.