« Des gens disaient qu'ils n'allaient pas voter »

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Hier, les sondages du vendredi n'avaient pas la cote, place Abbal à la Reynerie. Pas plus que les affiches de campagne de Nicolas Sarkozy, dont aucune n'a survécu après l'ouverture des bureaux de vote de l'école Didier-Daurat. « A cause des sondages, j'ai entendu des gens dire qu'ils n'allaient pas voter parce que c'était foutu. Mais je suis sûre qu'elle peut gagner et que, ce soir, on fera la fête sur la place du Capitole », tente de se persuader Nadia, une habitante de 29 ans.

Pas de démobilisation dans l'isoloir en tout cas, malgré des pannes sur les compteurs des urnes. A 16 heures, la participation s'établit à près de 60 %. « Comme au premier tour, à quelques votants près, estime Charles, le coordinateur du site. Il y a quinze jours, les gens arrivaient par vague, là c'est un flux constant. »

A la Reynerie, les gamins se baladent avec une affiche de Ségo accrochée au guidon et la candidate a dépassé les 50 % au premier tour. Alors difficile de trouver un partisan de Nicolas Sarkozy. « Je comprends ce vote massif. On a tellement diabolisé et caricaturé Nicolas que certains habitants d'origine immigrée paniquent, alors que je suis sûre qu'il tendra la main à tout le monde », confie Josiane Chaptal, conseillère municipale (UMP). Elle se dit très « optimiste » sur le résultat final. Marina, une retraitée, ne veut pas dévoiler son choix : « Je n'attends rien, il y a des bobards de chaque côté, l'un ou l'autre c'est kif-kif. »

Du côté des pêcheurs dominicaux du lac de la Reynerie, le désintérêt est total. « Rien à faire ! », dit l'un. « Je suis 100 % Royal mais j'ai pas le droit de vote », ajoute son copain. Et ces rumeurs qui prédisent des incidents en cas de victoire de Sarkozy ? « C'est du pipeau ! », exorcisent les uns... « On s'y prépare quand même », chuchotent d'autres habitants.