Toulouse: Le rugby ivoirien livre un rude combat pour sortir de l'anonymat

RUGBY Un match amical entre les Eléphants de Côte d'Ivoire et le Sénégal a lieu samedi à Toulouse, pour préparer la prochaine Coupe d'Afrique des Nations...

Nicolas Stival
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L'équipe de Côte d'Ivoire de rugby lors du match contre l'Algérie, le 1er mars 2014
L'équipe de Côte d'Ivoire de rugby lors du match contre l'Algérie, le 1er mars 2014 — Rugby Côte d'Ivoire

Bel après-midi de rugby, samedi à Toulouse. A 14 h 45, le Stade reçoit Montpellier à Ernest-Wallon, en Top 14. 15 minutes plus tard débutera le match amical entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal, au stade Ernest-Dufer. Un même sport, deux univers totalement différents. 

«Il a fallu trouver une date commune, et composer avec des joueurs que les clubs n’ont pas voulu libérer», explique André Adopo, le manager ivoirien, qui compte sur un groupe de 23 après la défection de cinq éléments.

Ainsi le fer de lance des Eléphants, le troisième ligne Bakary Meïté, jouera avec Massy samedi contre Perpignan en Pro D2. En revanche, des sociétaires de Fédérale 1 (troisième division), comme Serge Jouve (Blagnac), ou membres d’équipes espoirs de clubs professionnels, tel Jonathan Lo (Aurillac), devraient être présents à Toulouse, au côté de joueurs venant d’échelons inférieurs.

«Ils évoluent tous en France, reprend André Adopo. Nous n’avons pas trop de moyens pour faire venir des joueurs d’Abidjan. Le Sénégal est dans le même cas.» Le rugby ivoirien manque de moyens et d’infrastructures. «Là-bas, le seul sport qui existe, c’est le foot», regrette l’ancien troisième ligne originaire d’Abidjan, qui a évolué à Yerres (Essonne).

Un réseau grâce à la Fédération française

Agé aujourd’hui de 50 ans, André Adopo travaille comme cadre technique auprès du comité départemental de l’Essonne à Marcoussis, la «capitale» du rugby français. «Je remercie d’ailleurs la FFR qui m’aide beaucoup. Cela me permet d’avoir un réseau, notamment pour trouver des partenaires. Pour repérer des joueurs, je me sers de la base de données de la FFR. Il y a aussi le bouche-à-oreille.»

En 2011, André Adopo a récupéré des Eléphants au plus mal. «La Côte d’Ivoire a longtemps été un leader du rugby africain. Avec la guerre, nous n’avons pas pu jouer de compétitions en 2009, 2010 et 2011 et nous nous sommes retrouvés à disputer la Coupe d'Afrique des Nations C. En 2013, nous sommes remontés en B. Là, nous espérons retrouver le groupe A.»

Objectif: la Coupe d'Afrique des Nations A

Il faudra pour cela gagner la CAN B en juillet en Ouganda, où les Ivoiriens retrouveront les Lions du Sénégal. En dehors de cette compétition annuelle, la Côte d’Ivoire se rassemble au moins une fois par an pour un stage, suivi si possible d’un match amical comme en 2014 face à l’Algérie, déjà à Toulouse.

«Beaucoup de joueurs évoluent dans les environs et Paris n’est qu’à une heure d’avion», justifie André Adopo. Les trois jours de rassemblement dans la Ville rose devraient coûter entre 8.000 et 10.000 euros aux Eléphants. Pour se financer, «il y a les partenaires, la billetterie avec une entrée à 5 euros et la vente des maillots pendant le match», explique le manager. Si une deuxième participation à la Coupe du monde, après celle de 1995, relève du rêve lointain, le rugby ivoirien se bat pour exister. Comme le rugby sénégalais, d'ailleurs.

Thierry Dusautoir

Né à Abidjan d’un père français et d’une mère ivoirienne, le capitaine du XV de France Thierry Dusautoir suit attentivement la progression des Eléphants, selon André Adopo. «Je lui donne régulièrement des nouvelles, il m’encourage mais je ne lui demande pas grand-chose, explique le manager ivoirien. Il est très sollicité. Récemment, il a ramené entre 7.000 ou 8.000 euros d’équipements pour un club de sa ville d’origine.»