Mission Rosetta: Endormi depuis novembre, Philae pourrait se réveiller ce jeudi

ESPACE Dans la nuit de mercredi à jeudi, entre 2h et 5h du matin, les responsables de la mission vont essayer d'établir une communication entre le petit robot et son orbiteur...

Beatrice Colin

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Mission Rosetta: Les photos de Philae et de Tchouri
Mission Rosetta: Les photos de Philae et de Tchouri — 20 minutes - Slideshow

Le 12 novembre, après un voyage de plusieurs millions de kilomètres à travers l'espace durant une décennie, la sonde Rosetta se séparait de l'atterrisseur Philae. Arrivé sur la comète, les harpons de Philae qui devaient l'accrocher à la surface de «Tchouri» ne se sont pas déployés.

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Du coup il a rebondi, sur un site peu ensoleillé que les scientifiques n'ont pas encore précisément localisé. A l’ombre, ses batteries n'ont pas pu se recharger et il a cessé d'émettre trois jours plus tard. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le centre de contrôle de Philae va tenter de reprendre le contact.

Que va-t-il se passer cette nuit?

«Nous allons tenter de communiquer avec lui. Il peut se réveiller, mais Philae peut même l'être déjà», explique Philippe Gaudon, chef de projet de la mission Rosetta pour le CNES. Un émetteur-récepteur de Rosetta, inactif jusqu'à présent, va être allumé. Si Philae est réveillé, il lui répondra. Ces tentatives de communication vont se dérouler entre 2h et 5h du matin.

Pourquoi maintenant?

Jusqu'à présent, à l'ombre d'un rocher, Philae avait peu de chance de faire le plein d'énergie grâce à ses panneaux solaires. Là, les conditions sont meilleures pour capter les rayons du soleil, qui se situe à 300 millions de kilomètres, mais aussi les signaux envoyés par la sonde Rosetta, mieux positionnée. «Nous sommes optimistes sur le long terme, pas forcément sur cette première tentative», consent Philippe Gaudon.

Quelles sont les informations transmises à Philae?

«Nous allons lui demander dans un premier temps de ne pas fonctionner avec ses batteries rechargeables mais d'utiliser directement ses panneaux solaires», explique le chef de projet toulousain de la mission Rosetta.

Ces demandes pour économiser et mieux gérer son énergie lui seront passées durant une courte période sur la journée. Et pour y parvenir, son logiciel de vol va être changé à distance. C'est la troisième fois que cela arrive depuis qu'il a quitté le plancher des vaches, il y a plus de dix ans.

Après son réveil, quelles missions pour Philae?

Si Philae a déjà rempli 80% de son objectif scientifique, il lui reste encore de nombreuses missions à mener. «Nous aimerions qu'il prenne de nouvelles photos de son environnement pour essayer de voir son évolution. Puis nous aimerions faire un forage, pour cela il faut faire bouger la plateforme de Philae sur elle-même, sans bouger ses pieds. Nous l'avons déjà fait et cela avait marché», explique Philippe Gaudon. L'ordre des missions sera décidé le 24 mars, lors d'une réunion à Paris.

Reste à savoir si les instruments auront survécu au froid oscillant de -70 à -170°C, même si l'électronique interne bénéficiait du peu de chaleur récupérée par les panneaux solaires.

Quel est l'impact des découvertes de Philae?

La première des découvertes est technique, puisqu'un engin d'à peine 100 kilos, envoyé dans l'espace il y a onze ans, a réussi à se poser à 500 millions de kilomètres de la Terre.

«Cette mission, comme celles qui sont menées depuis une dizaine d'années, nous a appris que le système solaire était plus complexe que ce que l'on pensait. On s'interrogeait pour savoir si les comètes, constituées de glace, avaient amené de l'eau sur Terre. Grâce à Philae, on sait que ce n'est pas cette comète-là», explique Philippe Droneau, directeur des publics à la Cite de l'Espace.