Ouverture d'une voie vers le procès AZF

©2007 20 minutes

— 

Le début de l'année 2008 devrait être marqué par le procès AZF. C'est en tout cas la suite logique des décisions rendues hier par la chambre de l'instruction, qui a rejeté toutes les demandes d'actes complémentaires. Que ce soit la piste de l'acte volontaire, de l'hélicoptère ou encore un audit sur la gestion de la sécurité sur le site, toutes ces investigations voulues par les associations de victimes, de salariés ou les mis en examen n'auront pas lieu. La piste chimique reste la thèse privilégiée pour expliquer l'origine de l'explosion de l'usine, qui a fait trente morts le 21 septembre 2001.

Sur le banc des accusés, il ne devrait y avoir que Serge Biechlin, l'ancien directeur, et la société Grande-Paroisse. Pour leur avocat, Daniel Soulez-Larivière, « on ne saura jamais ce qui s'est passé, c'est un dossier qui a été évacué ». La fin de l'instruction ne fait pas non plus l'unanimité chez les parties civiles. « A chaque étape, des pistes ont été volontairement abandonnées sans que l'on sache pourquoi. Des questions restent sans réponse », déplore Jacques Mignard d'AZF Mémoire et solidarité, qui réunit d'anciens salariés. S'il croit à la thèse officielle, le président de l'Association de familles endeuillées est pourtant déçu. « Depuis des mois ils rejettent toutes nos demandes et ce qui peut changer le cours de l'instruction ne les intéresse pas », a réagi Gérard Ratier. Il aurait aimé voir aboutir ses demandes sur l'entrave à l'enquête pénale, et plus précisément sur le rôle joué par la commission interne de Total, présente sur le site avant même l'arrivée des policiers.

organisation Le parquet a indiqué hier qu'il voulait que le procès se tienne en 2008, « le plus tôt possible ». Le nombre de parties civiles et l'envergure du procès nécessiteront de trouver un lieu adapté sur Toulouse pour accueillir les débats.