Vidéo de Daesh: Sabri Essid, «demi-frère» de Merah et figure du salafisme radical

PORTRAIT Sabri Essid apparaîtrait dans la vidéo d'exécution diffusée par Daesh...

N.S.

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Capture d'écran de la vidéo de l'exécution de Daesh diffusée le 10 mars 2015.
Capture d'écran de la vidéo de l'exécution de Daesh diffusée le 10 mars 2015. — Capture d'écran Youtube / 20 Minutes

Journaliste pour RFI et auteur du livre Les Français jihadistes (Ed. Les Arènes), David Thomson est formel. Selon ce spécialiste de l’islamisme radical, l’homme qui apparaît sur une vidéo diffusée ce mardi par Daesh, au côté d’un enfant qui exécute un Arabe israélien accusé d'espionnage, est bien le Français Sabri Essid. Ce trentenaire était une figure du milieu salafiste radical toulousain, avant de rejoindre la Syrie fin mars 2014 avec sa famille.

Sabri Essid était un proche de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et de Montauban, abattu par le Raid dans l’assaut de son appartement en 2012. Il se présentait même comme le «demi-frère» de l'assassin au scooter, puisque son père avait épousé religieusement la mère de Merah. Sabri Essid a organisé l'enterrement de ce dernier en mars 2012. Il est ensuite resté en contact avec la famille de Mohamed Merah, notamment avec sa sulfureuse sœur Souad.

Un pilier du groupe d'Artigat, en Ariège

L’engagement d’Essid dans l’islamisme radical remonte au début des années 2000. Il est même l’un des piliers du groupe d’Artigat, du nom d'un village d'Ariège où réside Olivier Corel, un homme d’origine syrienne surnommé «le cheikh blanc» ou «l'émir blanc». Sabri Essid part une première fois pour la Syrie fin 2006 afin de rejoindre l’Irak. Arrêté à la frontière entre les deux pays en compagnie de Thomas Barnouin, un converti albigeois, il sera renvoyé en France et condamné en 2009 à quatre ans de prison.

En Syrie depuis un an

Après sa libération à l’automne 2010, il devient grutier à Toulouse. Surveillé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Essid aurait donc pourtant réussi à rejoindre la Syrie voici un an. Aujourd’hui, il est probablement réapparu de la plus sinistre des manières, tout juste trois ans après le meurtre du militaire Imad Ben Ziaten, le 11 mars 2012, premier crime de la cavale sanguinaire de Merah.