Toulouse: L'arrêté anti-prostitution étendu au nord de la ville

SOCIETE Huit mois après les premiers arrêtés anti-prostitution, 567 PV ont été dressés. La mairie estime que la méthode porte ses fruits et étend cette mesure à quatre nouvelles artères...

Julie Rimbert

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Une prostituée à Toulouse.
Une prostituée à Toulouse. — A. GELEBART / 20 MINUTES

L'arrêté anti-prostitution pris en juillet par la mairie de Toulouse fait des petits. La mesure jusque là appliquée dans cinq zones de la Ville rose est étendue depuis mardi à l'avenue des Etats-Unis, au boulevard Pierre et Marie Curie, à l'avenue de Fronton et à la route de Launaguet. Une méthode qui a fait ses preuves selon la municipalité qui vient de présenter le premier bilan de cet arrêté.

Déplacement vers le nord

En huit mois d'application, 567 procès verbaux ont été dressés et un net recul de la prostitution a été constaté. «Par exemple, place Roquelaine il y avait eu 50 signalements au service Allo Toulouse en août 2014, détaille Olivier Arsac, adjoint municipal à la Sécurité. Un nombre qui a chuté à 8 en février 2015.

Ce dispositif était un risque politique car peu de ville prennent de tels arrêtés mais cette politique sécuritaire a eu l'effet excompté pour baisser les nuisances».

Des plaintes existent encore dans le secteur Matabiau, couvert par l'arrêté. Grâce à un renforcement des patrouilles et à l'installation future de caméras de vidéoprotection, la municipalité va intensifier sa lutte contre les nuisances dans ce secteur. Selon la mairie qui multiplie les annonces sécuritaires à quinze jours des élections départementales, une partie des prostitué(e)s aurait cessé son activité... ou est allé l'excercer ailleurs, puisque les villes de Brive et Limoges ont indiqué avoir «hérité» d'une partie de ces travailleuses du sexe, en particulier celles des filières de l'est.

Hausse des escorts sur Internet

A Toulouse, une partie s'est également déplacée loin du centre-ville, vers le nord. Sur l'avenue des Etats-Unis, onze prostitués en moyenne arpentent l'artère chaque soir. Un constat que confirme l'association Griselidis, qui défend les droits des personnes prostituées. La structure, qui suit environ 500 personnes par an, a été informée de l'extension de l'arrêté anti-prostitution lundi. «Nous travaillons avec la mairie sur ces questions mais personne ne nous a alertés de cet élargissement, assure Krystel Odobet, chargé de développement à Griselidis. Nous sommes déçues car le précédent arrêté a déplacé le problème vers d'aures quartiers comme les Minimes. Nous constatons aussi une hausse des annonces d'escorts sur Internet, pour celles qui maitrisent le français».

L'arrêté anti-prostitution pris en juillet par le maire délimitait cinq secteurs: celui de Matabiau (autour de la place Roquelaine), des Ponts-Jumeaux, des Minimes, des Sept-Deniers et du Raisin (av. Colignon). Hormis à Matabiau où il est en vigueur en permanence à cause de la proximité d'une école, sur les autres secteurs, l'arrêté court de 18h à 5h du matin, pour une durée d'un an.