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PATRIMOINEToulouse: Le Muséum, à la recherche des héritiers perdus de ses Indiana Jones

Toulouse: Le Muséum, à la recherche des héritiers perdus de ses Indiana Jones

PATRIMOINEA l'occasion de ses 150 ans, l'établissement lance une vaste opération pour retrouver la trace des héritiers de ses donateurs...
Hall d'entrée du muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
Hall d'entrée du muséum d'histoire naturelle de Toulouse. - Alexandre GELEBART/20MINUTES
Béatrice Colin

Béatrice Colin

Trouver les descendants de William Pinder, l'un des fondateurs du cirque du même nom, est l'un des challenges du Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.

Arthur, le fils de William, est en effet l'un des donateurs de l'établissement. Punch, l'éléphant qui accueille tous les visiteurs dans le hall d'entrée, a été légué en 1907 au Muséum après avoir été abattu à cause de ses multiples accès de fureur. C'est ce genre d'histoire que le muséum cherche à connaître en se lançant à la recherche des héritiers de ses donateurs à l'occasion de son 150e anniversaire, fêté cette année.

Plus de deux millions de spécimens

«Pour nous, cet anniversaire est l'occasion de nous pencher sur ce patrimoine, de savoir par exemple comment, par qui et pourquoi cette plante a été collectionnée. De mieux connaître les hommes, de découvrir les histoires de ces passionnés», explique Pierre Dalous, conservateur au Muséum.

Certains sont connus et leurs aventures ont été à de multiples reprises contées. C'est le cas du capitoul Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse, à l'origine de la création du Muséum, mais aussi de Pierre Loti, du général Gallieni ou encore de l'explorateur Gaston de Roquemaurel, le second de l'amiral Dumont d'Urville.

Véritables enquêtes policières

Ces naturalistes de la première heure, Indiana Jones du XIXe siècle, militaires de carrière, missionnaires du bout du monde, marchands ou simples curieux d'ailleurs sont plus d'un millier à avoir enrichi les collections du Muséum qui contiennent plus de deux millions de spécimens.

Une fois un donateur identifié débute le travail d'enquête. Parfois le nom est mal écrit sur les objets, mal référencé. «Nous partons parfois sur de fausses pistes. Ce sont de vraies enquêtes policières où l'on découvre des histoires rocambolesques. On a ainsi atterri en Afrique, sur les traces du baron de Poumérac qui ramenait lors de ses aventures des objets pour les musées. Il s'est fait bouffer par les cannibales. Nous avons retrouvé une image de lui aux archives municipales mais avec le nom mal orthographié», raconte Pierre Dalous.

Une cinquantaine d'héritiers identifiés

Il compte sur l'ouverture des archives des héritiers pour compléter ces petites histoires qui donnent toutes leurs saveurs aux objets. Comme celles de ces naturalistes qui récoltaient des fossiles dans les tranchées de 14/18 ou de ces frères toulousains émigrés à Nouméa, Théophile et Alexis Savés, beaux-frères du botaniste Balansa, qui ont enrichi le fond de nombreux objets calédoniens à la fin du XIXe siècle.

Pour l'instant, une cinquantaine d'héritiers ont été identifiés. Le Muséum espère que d'autres se feront connaître et amèneront les archives que «mémé» avait précieusement gardées au fond du grenier.

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