250 ans après, Toulouse va rendre hommage à Jean Calas, victime de l'intolérance religieuse

HOMMAGE Le 250e anniversaire de la réhabilitation de ce protestant toulousain, accusé du meurtre de son fils et exécuté, a des résonnances dans l'actualité...

20 Minutes avec AFP

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Sur la place Saint-Georges de Toulouse, un square et une plaque commémorent la mémoire de Jean Calas, un marchand protestant exécuté en 1762.
Sur la place Saint-Georges de Toulouse, un square et une plaque commémorent la mémoire de Jean Calas, un marchand protestant exécuté en 1762. — Nicolas Stival / 20 Minutes

Toulouse rend hommage lundi à Jean Calas, exécuté pour le meurtre de son fils en 1762, sur fond de conflit entre protestants et catholiques, puis réhabilité grâce à Voltaire.

Robert Badinter présent lundi à Toulouse

Le maire de la ville Jean-Luc Moudenc rendra hommage lundi au supplicié, sur la place Saint-Georges où il fut exécuté, à l'occasion du 250e anniversaire de sa réhabilitation.

Il inaugurera ensuite une plaque commémorative sur la façade de la maison de la famille Calas et a annoncé lors du conseil municipal de vendredi qu'une des prochaines écoles construites à Toulouse portera son nom.

L'ancien ministre de la Justice Robert Badinter s'y rendra également dans l'après-midi.

Intolérance religieuse

En 1761, Jean Calas, un riche commerçant protestant de Toulouse fut accusé à tort de la mort de son fils Marc-Antoine, retrouvé pendu dans la boutique de la famille.

Au terme d'une enquête expéditive, les juges, convaincus par les allégations des voisins que son fils souhaitait se convertir au catholicisme contre l'avis de son père, condamnèrent Jean Calas au supplice de la roue. Après des tortures inhumaines, il mourut étranglé par son bourreau le 10 mars 1762. Il clama jusqu'au bout son innocence.

Charlie Hebdo et l'impact sur les ventes du Traité sur la tolérance

Une commémoration au relief particulier deux mois après les attentats contre Charlie Hebdo. «C'est la première fois qu'on réunit autant de monde autour de Jean Calas. C'est un symbole fort en ces temps où l'intolérance religieuse progresse», se félicite Claude Dupuy, président de l'association Jean Calas, l'Europe nous regarde.

Après les attentats de janvier dernier, il a remarqué que «que les ventes du Traité sur la tolérance ont bondi». Plusieurs librairies toulousaines ont en effet constaté «une hausse significative» des ventes du célèbre ouvrage de Voltaire.

Informé des irrégularités du procès, le penseur s'était investi pour en obtenir la révision. En parallèle, il publia Le Traité sur la tolérance en 1763, dans lequel il dénonce avec virulence l'obscurantisme et le fanatisme de l'époque. Voltaire obtint en 1765 la révision du procès de Jean Calas, ainsi que la publication d'un arrêt réhabilitant sa mémoire.

Le combat d'une association

A Toulouse, l'association de Claude Dupuy milite pour que la maison de Jean Calas, classée monument historique, soit rachetée par la mairie et «rendue aux Toulousains, car c'est un lieu hautement symbolique».

Le rez-de-chaussée de cet immeuble, dans un quartier cossu du centre-ville, est inoccupé depuis sept ans. Le but est de transformer cet espace de 300 mètres carré en «un lieu d'apprentissage de la laïcité et de la tolérance».