Barrage de Sivens: Les riverains espèrent «enfin retrouver un peu de tranquillité»

TARN Après l'évacuation des zadistes ce vendredi, les habitants se disent soulagés...

A Sivens, Julie Rimbert

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Le 6 mars sur le site de Sivens lors de l'évacuation des zadistes par les gendarmes Lancer le diaporama
Le 6 mars sur le site de Sivens lors de l'évacuation des zadistes par les gendarmes — J. Rimbert / 20 Minutes

Cela n'a pas traîné. Une heure après le vote du conseil général validant un projet de barrage réduit de moitié sur le site de Sivens, les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation de la Zone à défendre (ZAD).

Près de 500 gendarmes mobiles ont procédé, dans le calme, à l'expulsion de la quarantaine de zadistes encore présents sur le site de Sivens.

Le 6 mars, lors de l'évacuation des zadistes par les gendarmes - J. Rimbert / 20 Minutes

 

Tentes abandonnées, bouteilles plastiques éparpillées, bouilloire, camion, râtelier en feu encore fumant, couvertures, pot de confiture et cagettes de patates, ce sont les derniers vestiges d'un an et demi de vie qui restaient vendredi sur la zone de la Métairie neuve, un bâtiment squatté par les zadistes.

Des riverains soulagés

L'opération d'évacuation a duré environ deux heures et demi pour expulser les derniers récalcitrants. Un soulagement pour Jeoffrey, qui habite une petite maison en pierre à 300 m de la ZAD.

Depuis un an et demi, ce père de famille, qui n'est ni pour ni contre le projet de barrage, ne pouvait plus se balader librement, coincé entre les anti-barrage, les agriculteurs remontés à bloc et les gendarmes mobiles.

«On va enfin faire redescendre la pression, retrouver un peu de tranquillité et une vie normale», raconte Jeoffrey qui a créé l'association Les Riverains de Sivens regroupant une cinquantaine de personnes.

Et de poursuivre : «Pendant tout ce temps, nous vivions chez les zadistes. Je suis soulagé que cela soit enfin fini mais je continue à penser que l'Etat aurait dû faire appliquer plus tôt les décisions de justice. Tous les week-ends, on avait peur de voir arriver de nouveaux rassemblements. On peut dire que nous sommes les dégâts collatéraux de ce projet qui a déchaîné les passions», témoigne cet habitant.

Agriculteurs méfiants

A environ un kilomètre, David Escande est lui aussi soulagé de pouvoir circuler librement autour de son exploitation, la ferme du hameau des Caumonts. Cet agriculteur de 31 ans espère pouvoir pénétrer bientôt sur la ZAD pour voir l'état de ses terres, squattées par les anti-barrage.

David Escande, agriculteur riverain du site de Sivens. - J. Rimbert / 20 Minutes

 

Celui qui a mené le combat contre les zadistes dénonce entre autres les tranchées opérées sur la RD 32 et les nombreux déchets abandonnés par les occupants.

«On attendait cette évacuation depuis des mois car on avait l'impression de vivre dans une zone de non-droit, explique l'exploitant favorable au barrage. Les Zadistes nous ont volé les piquets de clôture et de l'outillage aux voisins. Maintenant, nous avons quand même peur que les occupants tentent de retourner sur le site mais les agriculteurs vont s'organiser en tour de ronde pour conserver nos terres», assure-t-il.

Des gendarmes sur place

Car sur les routes aux alentours de la RD 32, les anti-barrage sont encore mobilisés. Et n'ont pas l'intention d'en rester là. «Ils nous ont évacués en éparpillant tous les animaux, sans savoir comment les récupérer, peste Camille, le nom de code que portent tous les zadistes. Ce projet est aberrant donc nous continuerons à nous battre. C'est loin d'être terminé et nous ne lâcherons pas la zone», explique le zadiste.


Le 6 mars 2015, lors de l'évacuation du site de Sivens - J. Rimbert / 20 Minutes

 

Pour prévenir une nouvelle occupation, près de 300 gendarmes devraient rester sur la zone du Testet jusqu'au 20 mars selon plusieurs sources.