Sivens: Le conseil général opte pour un barrage réduit

ENVIRONNEMENT Les élus du Conseil général du Tarn se sont prononcés pour une retenue d'eau, de capacité diminuée de moitié, sur le site de Sivens...

J. Rimbert à Albi avec B. C.

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Sur le site de Sivens où les zadistes, anti-barrage, sont encerclés par les agriculteurs favorables au projet de barrage. Lancer le diaporama
Sur le site de Sivens où les zadistes, anti-barrage, sont encerclés par les agriculteurs favorables au projet de barrage. — SIPA

Un Sivens «light» avec un réservoir réduit de moitié par rapport au premier projet de barrage, soit 750.000 m3. C'est le choix fait ce matin par les élus du Conseil général du Tarn à une large majorité: 43 voix pour, trois contre.

Un vote sans surprise puisque le président du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, s'était prononcé pour cette alternative après l'enterrement du projet initial par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal plutôt que pour celle d'un ensemble de quatre retenues plus petites.

 

Expulsion «sans délai» exigée

«Je vous propose de réaffirmer la nécessité de réaliser une retenue dans la vallée du Tescou, de dire que cette retenue d'eau redimensionnée se fera sur la zone du projet», a déclaré Thierry Carcenac devant son assemblée départementale. Le président socialiste du Conseil général a par ailleurs rappelé qu'il exigeait de l'Etat «l'expulsion sans délai des occupants sans droit ni titre» de la ZAD.

Celle-ci a aussi été demandée par la maire de la commune de Lisle-sur-Tarn, où se situe le site de Sivens.«Je vis depuis neuf mois une situation de souffrance pour les habitants. S'il n'y a pas d'évacuation après le vote, je me sentirai leurrée pour la troisième fois par l'Etat. Aujourd'hui, je suis en colère mais j'espère que ce soir, il se sera passé quelque chose», a indiqué en marge du vote Maryline Lherm.

Lors du vote au Conseil général du Tarn. - J. Rimbert / 20 Minutes

 

Une expulsion qui devrait être mise à exécution rapidement puisqu'elle a été demandée et réaffirmée jeudi aussi bien par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, que par le Premier ministre. Manuel Valls a indiqué qu'après le choix du Conseil général, «il faudra très vite évacuer les lieux».

Depuis le début de la semaine, la quarantaine de zadistes anti-barrage est encerclée sur le site de Sivens par 200 agriculteurs de la FNSEA, favorables au projet initial et bien décidés à les faire partir. Au cours de ces cinq derniers jours, plusieurs heurts ont eu lieu entre pro et anti.

Des zadistes sur le départ

Les deux parties ont par contre respecté l'interdiction de tout rassemblement à Albi ce vendredi émise la veille par la Préfecture à la demande du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, en «raison du climat de violence».

Ce vendredi matin, les forces de l'ordre sur place ont resserré le dispositif autour de la ZAD. Il y aurait 500 membres des forces de l'ordre déployés sur place, soit 200 de plus que jeudi.

A Gaillac, les gendarmes seraient en train de bloquer les partisans du projet qui s'y sont donné rendez-vous. Une partie de la quarantaine de zadistes occupant le site de Sivens repliait leurs tentes et triait leurs affaires vendredi matin, a constaté une journaliste de l'AFP, tandis que de source préfectorale, on indiquait que plusieurs avaient déjà accepté de quitter la zone.

C'est ce que confirme François Blandel du collectif du Testet. «La majorité des zadistes sont partis d'eux-mêmes ce matin», a indiqué à la sortie du Conseil général cette membre d'EELV.