Toulouse: La chaîne locale TLT menacée de liquidation judiciaire

TELEVISION Les salariés de l'une des plus anciennes chaînes locales de France retiennent leur souffle...

20 Minutes avec AFP

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Six candidats à la mairie de Toulouse sur le plateau de TLT pour un débat d'avant premier tour, le 18 mars 2014.
Six candidats à la mairie de Toulouse sur le plateau de TLT pour un débat d'avant premier tour, le 18 mars 2014. — F. Scheiber / 20 Minutes

La télévision locale de Toulouse TLT, en grande difficulté financière, espère un ballon d'oxygène des collectivités locales pour éviter une liquidation judiciaire, lors d'une audience prévue vendredi devant le tribunal de commerce.

«J'espère arriver devant le tribunal de commerce avec 2 millions d'euros assurés si toutes les collectivités, la Ville, la Métropole, la Région, valident le renouvellement de leurs contrats d'objectifs et de moyens (COM) avec nous», explique Anne Oriol (SNJ), secrétaire du comité d'entreprise (CE) et représentante des salariés devant le tribunal de commerce de Toulouse.

L'entreprise, qui compte 20 salariés dont 9 journalistes, est placée sous le régime d'un plan de continuation prévoyant le remboursement régulier de dettes anciennes et l'audience du tribunal le 6 mars pourrait décider une liquidation judiciaire si l'entreprise est en cessation de paiement.

TLT, créée en 1988 à l'initiative de Dominique Baudis, alors maire de la quatrième ville de France, a été l'une des toutes premières télévisions locales. Elle avait déposé son bilan fin 2008. Malgré une recapitalisation en 2009 et des effectifs réduits de moitié, elle a continué à perdre de l'argent, souffrant en particulier d'un manque de ressources publicitaires lié à sa faible audience, mais aussi, selon le personnel, à la disparition du service commercial.

Quel apport du Casino Lucien-Barrière?

Elle est détenue à 60% par la mairie de Toulouse, 17% par La Dépêche du Midi, les autres actionnaires étant le Toulouse Football Club (12%), la société Digivision (8%) et le Stade Toulousain (4%). La chaîne généraliste présidée depuis 2013 par l'ancien journaliste et producteur Emmanuel Schwartzenberg, 59 ans, vit essentiellement de fonds publics.

La mairie de Toulouse a reconduit l'été dernier un COM apportant environ 700.000 euros par an à la chaîne, mais le COM de l'agglomération Toulouse Métropole (400.000 euros TTC par an) qui a expiré à la fin 2014 n'a pas encore été renouvelé. Le président de l'agglomération Jean-Luc Moudenc (UMP) a annoncé vendredi que le sujet serait à l'ordre du jour du prochain conseil métropolitain le 9 avril.

«Le tribunal s'en contentera-t-il?», s'interroge la représentante du personnel qui demande «une avance de trésorerie relative aux mensualités non versées depuis le début 2015». Du côté de la Région, autre bailleur de fonds, le COM (500.000 euros) s'achève en juillet 2015 et n'a pas encore été reconduit. On assure dans l'entourage du président de Région «qu'un courrier de Martin Malvy partira avant le 6 mars».

Même si TLT obtient ce nouveau ballon d'oxygène, la question de la survie à moyen terme de la chaîne reste posée. Les actionnaires actuels cherchent un repreneur qui pourrait faire face à une concurrence exacerbée par la multiplication des chaînes de la TNT et d'internet. Les élus Europe Ecologie les Verts (EELV) du conseil régional se sont prononcés pour un rapprochement avec France 3. Une solution qui laisse sceptique Anne Oriol car «très lourde en obstacles juridiques».