Toulouse: La mairie ne veut plus loger les syndicats, mettant fin à une tradition séculaire

POLEMIQUE Le Capitole a fait ses comptes. Il ne logera plus aucun syndicat gratis, en dehors des organisations «maison»...

Helene Menal

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 La Bourse du Travail de Toulouse qui abrite l'Union départementale CGT
La Bourse du Travail de Toulouse qui abrite l'Union départementale CGT — Hélène Ménal / 20 Minutes

La Bourse du Travail, ce monolithique bâtiment (presque) blanc de la place Saint-Sernin, a été inaugurée le 12 juillet 1892, en présence de Jean Jaurès, alors conseiller municipal toulousain. Depuis, la CGT ne l'a pas quittée. «Même pas sous Vichy alors que le syndicat était interdit», souffle un militant.

Et pourtant les choses pourraient bien changer. Le 20 février, le Capitole a écrit à toutes les unions départementales et régionales de tous les syndicats pour leur annoncer son intention de «mettre un terme» à la pratique du logement gratuit.

La décision est valable pour les bâtiments propriétés de la commune, comme la Bourse du Travail ou ceux «habités» par FO boulevard de Suisse. Elle l'est aussi pour les locaux que la mairie loue pour les mettre à disposition des syndicats : ceux du chemin du Pigeonniers (CFDT) ou du chemin de la Cépière (CFTC) par exemple.

Un million par an

Sacha Briand (UMP), l'adjoint aux Finances a fait ses comptes. «Entre la valeur des bâtiments que nous possédons et les loyers, la dépense frôle le million d'euros par an pour les contribuables toulousains», assume-t-il.

«Avec la baisse des dotations de l'Etat, la Ville ne peut plus assumer des dépenses qui ne sont pas de sa compétence. D'autant que la Région et le Département qui cofinançaient, ont cessé de le faire sans explication en 2011», ajoute l'élu en n'oubliant pas de politiser le débat.

Réunion le 11 mars

«L'ambiance est à attaquer tout ce qui touche aux droits des salariés. Des contribuables, nous en recevons 4.000 par an et ils viennent chercher de l'aide!», commente-t-on incrédule du côté de l'Union départementale CGT où les permanents n'ont pas l'intention de faire leurs cartons tout de suite.

 

La mairie a prévu une réunion le 11 mars avec tous ses «locataires». Elle compte proposer aux uns de payer un loyer et aux autres de reprendre les baux. Sacha Briand réfute toute idée de spéculation immobilière.

«La Bourse du Travail fait 1.500 m2. Si la CGT n'a pas les moyens, nous pourrions y réunir les syndicats municipaux et libérer d'autres locaux, ou bien mettre la grande salle à disposition des habitants du quartier», avance-t-il. La polémique ne fait que commencer.