Toulouse: Ils veulent être les meilleurs pilotes d'avions... en papier

INSOLITE L'Enac accueille jeudi la première étape française du Red Bull paper wings, le championnat du monde d'avions en papier...

Beatrice Colin

— 

Lors de la finale 2012 du Red Bull paper wings en Autriche.
Lors de la finale 2012 du Red Bull paper wings en Autriche. — Andreas Schaad for Red Bull Content Pool

Faites chauffer les phalanges, révisez les fondamentaux de l'origami et passez par la salle de sport pour muscler votre épaule. Vous êtes prêts pour participer au Red Bull Paper Wings, en d’autres termes au Championnat du monde de lancer d'avions en papier réservé aux étudiants.

Près de 40.000 participants de 43 pays

C'est très sérieux et les premières sélections pour la compétition française démarrent à Toulouse jeudi prochain sur le campus de l'Enac. Elle se déroulera dans six grandes écoles et s'achèvera par la finale qui se déroulera le 4 avril au musée Aéroscopia de Blagnac.

Les meilleurs lanceurs s'envoleront alors pour Salzbourg les 8 et 9 mai pour la dernière étape du championnat du monde.

Au premier abord, ça paraît simple comme concept, qui n'a pas fait un avion en papier à la maternelle ou sur les bancs de la fac.

Ça, c'est le raisonnement simpliste du béotien. Quand on sait que le record du challenge Red Bull qui compte pour le Guiness Book est un lancer de 50,37 mètres détenu par un étudiant tchèque, on revoit son jugement. Surtout si on prend en compte qu'en 2012, le nombre de challengers atteignait le chiffre ahurissant de 37.000 pilotes venus de 83 pays.

Et on s'entraîne. C'est ce que fait Mathieu depuis quelque temps. Cet étudiant en deuxième année à l'Enac est devenu un expert en pliage de papier format A4 de maximum 100 grammes.

Tout est dans la technique

Avec d'autres membres de l'Asso Enac, qui gère l'événement, il s'échauffe. Et en bon élève ingénieur en aéronautique, «lorsqu'on plie, on pense à nos cours d'aérodynamisme, par exemple on sait qu'il ne faut pas mettre tout le poids de l'avion sur l'arrière», explique-t-il. 

Il avoue qu'il rigole bien aussi lors de ses soirées de pliage, «on se prend au jeu, et des membres du personnel aussi». L'étudiant de 21 ans rêve de mettre un pied au siège autrichien de Red Bull, à Salzbourg, et dans son mythique Hangar-7, «véritable caverne d'Ali Baba de l'aéronautique». 

S'il veut y arriver, il lui reste à améliorer ses résultats car pour l'heure son avion ne dépasse pas la distance de 10 mètres. Mais il peut toujours candidater dans la catégorie «plus longue durée en vol» ou «vol acrobatique» et se confronter à des étudiants venus de Pau, Bordeaux et d'autres grandes écoles toulousaines.

Et s'il cherche l'inspiration en matière de technique, certains croient détenir la vérité sur le sujet...