Elus français en visite chez Assad: Cambadélis annonce des sanctions

MONDE Le député de la Haute-Garonne Gérard Bapt affirme ne pas avoir rencontré Bachar al-Assad en Syrie...

N.S.

— 

Gérard Bapt à l'Assemblée nationale le 23 octobre 2012.
Gérard Bapt à l'Assemblée nationale le 23 octobre 2012. — Jacques Demarthon AFP

La «mission personnelle» de quatre députés français en Syrie n’en finit pas de faire des vagues. Jeudi sur RTL, Jean-Christophe Cambadélis s’est énervé. «Je condamne totalement ce déplacement: Bachar (al-Assad) n’est pas un dictateur, c’est un boucher», a affirmé le premier secrétaire du PS.

Parmi les quatre élus, on trouve un socialiste, Gérard Bapt. Le député de Haute-Garonne «sera déféré devant la haute autorité du parti socialiste» annonce Jean-Christophe Cambadélis. La sanction pourrait aller jusqu’à l’exclusion du parti.

De retour de Damas, Gérard Bapt s’est confié mardi matin à France Inter. Le président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée nationale évoque une «visite strictement privée». «Nous avons rencontré des éléments de la société civile et, pour ma part, le ministre des Affaires étrangères et le président de l’Assemblée nationale syrienne, explique-t-il. Par contre, je n’ai pas rencontré le président Assad comme j’en avais pris l’engagement moral auprès des conseillers diplomatiques du gouvernement.»

Gérard Bapt affirme avoir rencontré des dignitaires musulmans et chrétiens. «Ils tenaient un discours qui manifestait une coexistence active entre musulmans et chrétiens, je me suis dit que peut-être en Europe, et en France en particulier, il y aurait quelques leçons à tirer», juge-t-il. Interrogé sur le caractère infréquentable du régime de Damas, le député socialiste a rétorqué: «Beaucoup de pays européens qui ont déjà des ambassades, considèrent ce gouvernement comme fréquentable.»

«Dites-moi quelle est l’organisation qui menace le plus la paix?»

«J'ai été frappé, en circulant dans notre hôtel, par le nombre d'Américains que j'ai croisé, y compris un ancien procureur général de la Cour suprême des Etats-Unis », note-t-il aussi. «Dites-moi quelle est l’organisation qui menace le plus la paix de toute la région et aussi les citoyens européens?», fait-il mine de s'interroger, dans une allusion aux crimes de l'Etat islamique.

«Je ferai part au gouvernement de mon sentiment, je ne veux pas aller à l'encontre des intérêts de la France, de la politique suivie jusqu'à maintenant par le gouvernement français et par le précédent. Mais il y a peut-être des adaptations à trouver.»