Toulouse: Des travaux d'intérêt général pour quatre anti-barrage interpellés samedi

BARRAGE DE SIVENS Quatre jeunes militants zadiste interpellés samedi ont écopé de peines de travaux d'intérêt général...

Hélène Ménal
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Une des interpellations de samedi devant le Palais de justice de Toulouse.
Une des interpellations de samedi devant le Palais de justice de Toulouse. — SIPA

Même endroit, même heure. Mais pas vraiment le même trip. Quatre jeunes militants anti-barrage interpellés samedi devant le Palais de justice de Toulouse ont été jugés ce lundi en comparution immédiate. La manifestation contre les violences policières et pour la défense des Zad avait dégénéré. Tous comparaissaient pour avoir lancé des projectiles - pierres et cannettes - sur des policiers et pour s'être rebellés au moment de leur arrestation.

Pour le substitut du procureur, Patrice Michel, ce sont des «ultras», ceux qui sont restés avec une cinquantaine d'autres militants alors que l'ordre de dispersion avait été donné.

Pion, ébéniste ou futur agriculteur

Si leur cause est commune, leurs profils sont très différents. Simon, 24 ans, vient de Dijon. Il a un BTS et une licence de géographie, mais envisage de s'installer comme exploitant agricole. «J'ai jeté des projectiles dans un élan de foule, je le regrette profondément et je m'en excuse», a-t-il dit à la barre. Gabriel aussi a avoué. Ce jeune homme frêle de 19 ans, sans emploi, et qui milite contre le Center Parcs de Roybon (Isère) dit avoir riposté. «J'ai vu mes amis se faire gazer, et mes amis c'est ma famille», s'est-il justifié.

Les deux autres prévenus,  Pablo, un ébéniste de 24 ans, et Robin le pion de 23 ans, n'ont pas reconnu les faits. Mais Patrice Michel, sûr du repérage effectué par les policiers «voltigeurs» en civil qui suivaient la manifestation, a requis invariablement la même peine contre tous: «deux à trois mois de prison ferme» pour «cette haine gratuite» qui «a un coût pour les contribuables».

Hiérarchie des peines

Le tribunal a toutefois décidé de graduer les condamnations, avec ce qui ressemble à une prime de bonne foi. Ceux qui ont nié, Pablo et Robin, ont écopé de 200 heures de travaux d'intérêt général à effectuer dans les dix-huit mois. Simon a été condamné à 180 heures de TIG. Pour Gabriel, c'est 70 heures, mais aussi deux mois de prison avec sursis et un suivi social très serré.

Des peines jugées trop légères par Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, qui l'a fait savoir via son compte Twitter.

Quatre autres prévenus doivent comparaître mardi. Deux d'entre eux ont été pris alors qu'ils cassaient des vitrines avec leurs marteaux tout neufs.