Toulouse: Sur le chemin du dialogue interreligieux

SOCIETE Après les assassinats commis par Merah et les attentats de Paris, les représentants des cultes travaillent ensemble pour faire évoluer la notion de «Vivre ensemble»...

Beatrice Colin

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Dans la marche républicaine du 10 janvier.
Dans la marche républicaine du 10 janvier. — B. C. / 20 Minutes

Dimanche, comme tous les jours depuis les attentats de Paris, des militaires sont en faction devant l’espace du judaïsme.

A l’intérieur, des représentants des différentes religions tentent de faire avancer le débat sur le vivre ensemble à l’occasion de la 2e réunion du cycle d’échanges «L’heure du partage : quelle est la place des communautés religieuses dans notre République?».

Pas de prosélytisme

Nées d’une initiative citoyenne après les assassinats commis à Toulouse en 2012 par Mohamed Merah, «ces rencontres sont organisées pour que tous les courants cultuels et spirituels puissent se présenter pour mieux se connaître et mieux se comprendre, sans faire de prosélytisme ni de mise à l’index de telle ou telle communauté», explique Arnaud Herrincks, un des organisateurs.

Après la religion catholique en janvier, le cycle était consacré cette fois-ci au judaïsme. La formation des rabbins, le Messie dans la religion juive… des questions aussi diverses auxquelles le rabbin Yossef Matusof a répondu.

Eviter les clichés

«Dans les temps actuels il est important d’avoir la connaissance de l’autre», insiste-t-il. Au premier rang, Abdellatif Mellouki, vice-président du conseil régional du culte musulman, écoute.

«Connaître, cela permet d’éviter les clichés et les préjugés. Pour les jeunes générations, l’image des juifs est assimilée à celle d’Israël. Il faut faire la différence et c’est par ce genre de rendez-vous que l’on peut y arriver», relève-t-il. Au sein d'un collectif de citotens, Abdellatif Mellouki travaille par ailleurs sur des rencontres entre les membres des différentes communautés, notamment lors de rencontres sportives entre jeunes.

Dans le respect de la laïcité

D’autres rendez-vous sont prévus sur la religion musulmane ou le bouddhisme dans les prochains mois.

«La laïcité est incontournable, c’est un des socles de notre société et de notre République. Elle n’est pas la négation de la pensée cultuelle, mais la garantie de culte et de la libre-pensée dans le respect des règles républicaines», rappelle Laurent Lesgourgues, conseiller délégué à ces questions de laïcité et cultes à la mairie, partenaire de cette opération.

Une charte de la fraternité est en cours de ratification en préfecture. Elle doit lancer un appel commun de l’ensemble des représentants régionaux des cultes religieux.