Toulouse: Dans l'ombre de Thierry Omeyer, Cyril Dumoulin a «pris un pied énorme»

HANDBALL Le gardien du Fenix Toulouse raconte son Mondial au Qatar gagné avec l'équipe de France. Dans le rôle de doublure du monumental portier alsacien...

Nicolas Stival

— 

Le gardien de l'équipe de France Cyril Dumoulin savoure la médaille d'or ramenée du Mondial au Qatar lors du retour des Experts à l'aéroport de Roissy, le 2 février 2015.
Le gardien de l'équipe de France Cyril Dumoulin savoure la médaille d'or ramenée du Mondial au Qatar lors du retour des Experts à l'aéroport de Roissy, le 2 février 2015. — LaurentVu/SIPA

Un énorme sourire barre son visage. Un an après le titre européen au Danemark, Cyril Dumoulin vient d'être sacré champion du monde avec l’équipe de France, au Qatar. «Je retiens le plaisir, l’aventure humaine, lance le gardien toulousain, juste avant son premier entraînement en 2015 avec le Fenix, jeudi après-midi. L’accomplissement est total. Les liens qui se sont créés pendant un mois et demi sont éternels.»

Décisif en 2014 lors de l’Euro danois, le portier de 31 ans a cette fois davantage vécu dans l’ombre de l’incroyable Thierry Omeyer (38 ans). «Je n’ai pas eu énormément de temps de jeu mais «Titi» a été fabuleux, souligne l’ancien Chambérien, écrivain à ses heures. Il a montré une nouvelle fois que l’âge n’avait pas de prises sur lui. La preuve, pour la première fois, il a terminé MVP d’un tournoi

Dumoulin a accepté sans broncher son rôle de doublure, défini à l’avance. «Mon rôle était de mettre Thierry dans les meilleures conditions possibles. Pendant la première phase, il a peut-être été un peu moins rayonnant et j’ai pu prendre le relais. Ensuite, quand il a été en haut de l’affiche, c’est ailleurs que j’ai apporté quelque chose.»

«On a reçu une grande dose d’amour»

Dans la vie de groupe par exemple, où «il n’y a plus de hiérarchie, à la différence du terrain.» Et à l’entraînement. «Avant le dernier match de poule contre la Suède (27-25, le 24 janvier), Thierry avait besoin de repos, détaille Dumoulin. Pendant deux jours, j’ai fait travailler les tireurs.» «Cela correspond à mon caractère, poursuit-il. J’aime me mettre au service de l’équipe. On peut critiquer mes performances sportives. Mais mon implication reste la même.»

Préféré au Dunkerquois Vincent Gérard, sans doute moins disposé à rester dans l’ombre d’un autre gardien, le Toulousain a «pris un pied énorme». Au Qatar bien sûr, puis lors du retour des Bleus en France, lundi. «On a reçu une grande dose d’amour à Roissy», souligne-t-il.

Dès samedi, Dumoulin et ses coéquipiers du Fenix Valentin Porte et Jérôme Fernandez auront droit à une autre «dose d'amour», délivrée par le public de Pau pendant la rencontre de Coupe de France contre Billère (D2). Le gardien international veut aider son club à se remettre sur le droit chemin, après une première partie de saison très moyenne.

Et l’équipe de France? «J’ai envie de continuer à travailler et de mettre la pression sur Thierry». Pour mieux lui succéder, un jour? «La date de la retraite de "Titi", c’est une grande énigme du hand mondial», réplique Cyril Dumoulin dans un éclat de rire.