Handball: Pour Valentin Porte, «deux titres à 24 ans, c'est une bonne base»

HANDBALL Champion d'Europe en 2014, le joueur du Fenix Toulouse a joué un rôle majeur lors du titre mondial obtenu dimanche par l'équipe de France au Qatar...

Propos recueillis par Nicolas Stival

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L'ailier droit de l'équipe de France Valentin Porte lors de la finale du Mondial au Qatar contre le pays hôte, le 1er février 2015.
L'ailier droit de l'équipe de France Valentin Porte lors de la finale du Mondial au Qatar contre le pays hôte, le 1er février 2015. — De Isidro/Photocall 3000/Sipa

De retour à Toulouse mardi soir après la réception des Experts à l'Elysée, Valentin Porte sera sur le pont avec le Fenix dès samedi à Pau contre Billère (D2), en Coupe de France. A peine le temps de savourer le titre mondial au Qatar, un an après le sacre européen au Danemark, où le jeune arrière droit s'était révélé... En raison du forfait de Luc Abalo, le futur Montpelliérain (24 ans) a dû retrouver le poste de ses très jeunes années, à l’aile. Mission amplement réussie.

Vous avez assumé un rôle très important lors de ce Mondial.

Chaque fois, je me disais que quelqu’un attendait que je me casse la gueule pour pouvoir faire remarquer que Luc Abalo n’était pas là. Finalement, je n’ai pas eu l’impression de l’entendre. Tant mieux, cela signifie que j’ai atteint mon objectif.

Votre retour au poste d’ailier droit a-t-il été compliqué?

Oui. Il a fallu que je reprenne mes marques. Physiquement, j’ai rejoint l’équipe de France avec beaucoup de retard. Les exercices de musculation que je faisais en club n’étaient pas du tout adaptés. J’étais complètement à la rue. Je n’avais pas de force dans les jambes, plus rien. Il a fallu beaucoup travailler, retrouver de l’explosivité, qui est le maître mot du poste d’ailier.

Vous vous êtes mis beaucoup de pression…

Oui. Cela faisait un an et demi que je n’avais pas touché un ballon à l’aile. Et là, il fallait faire oublier Luc Abalo, qui est inoubliable par son activité, ses shoots… Au début, j’ai eu du mal. J’ai réglé quelques détails, parlé avec les autres ailiers. Et au final, j’ai pris beaucoup de plaisir à ce poste.

Pensez-vous déjà aux Jeux olympiques de Rio?

Non, c’est encore loin. Déjà, nous sommes qualifiés pour ces JO, les billets sont réservés. C'est bien. Mais il y a tellement de choses à gérer avant, comme faire une bonne deuxième partie de saison avec Toulouse. Et il y a aussi un Euro (en Pologne, en janvier 2016).

Jérôme Fernandez et Thierry Omeyer affichent neuf titres chacun à leur palmarès. Les rattraper est-il un objectif?

Ce sera dur. Je vais déjà attendre qu’ils prennent leur retraite (rires). On veut toujours gagner plus de titres! J’en suis à deux à 24 ans, c’est une bonne base. Maintenant, il ne faut pas perdre le rythme.

L’année dernière, après l’Euro, vous aviez connu un passage difficile avec le Fenix Toulouse. Comment éviter cela?

Je ne vois pas comment. On est à peu près dans les mêmes conditions. J’ai eu beaucoup de temps de jeu pendant le Mondial, qui a été dur physiquement et psychologiquement. La question, c’est de savoir si j’aurais assez d’expérience pour gérer ce coup de mou. Il va aussi falloir me réhabituer au poste d’arrière. Mais cela fait partie du boulot.

En outre, le Fenix (neuvième de D1) n’est pas dans une très bonne situation.

C’est sûr. Il faut prendre des points rapidement. J’espère que mon coup de mou ne sera pas énorme, et qu’il n’arrivera pas tout de suite.

Votre signature à Montpellier en juin 2016 a été annoncée dès ce mois de janvier. Précoce…

Ma signature est actée pour 2016 mais cela ouvrira peut-être une porte cet été.

Vous pensez donc partir dès la fin de saison (une clause dans son contrat le lui permet)?

Pourquoi pas, s’il y a une possibilité. Cela ne me dérange pas de finir mon contrat à Toulouse, comme je l’ai toujours dit. Mais s’il y a une possibilité de rejoindre Montpellier dès cet été et que les deux clubs sont d’accord, je le ferai.